Journal illustré
de la restauration

9 septembre 2005
- n°107 -

 

 


Vieilleries et pots de peinture...

Elle a survécu ! Cette membrure d’origine s’est conservée entière.
Nous la chargerons à bord et l’offrirons au Port Musée de Douarnenez quand y sera créée la section Karrek Ven.
Cette semaine est celle des antiquités, certaines remises en service, et celle de la peinture, avant réembarquement du matériel.
Dans la série d’origine, nous embarquons aussi une ancienne varangue, deux boulons de quille et des carvelles. De grandes photos de la restauration pourront rassurer les visiteurs du musée sur la vie nouvelle de ce navire : ce ne sont pas là des pièces sorties d’une épave du fond de la mer !

Autre antiquité, ce tour à bois qui a participé à la réfection, il y a 18 ans, de l’intérieur du bateau. On y a fait les actuels caps de mouton, et diverses pièces de gréement.
Son moteur a été rebobiné, réajusté, la tôle qui le protège a été changée, quelques soudures dans les pièces de fixation, et le voilà reparti.
Junior y amincit des cabillots, après y avoir refait un cap de mouton.

Le poste à souder, encore bien plus ancien, a lui aussi refait peau neuve. Juan s’en sert pour recharger une ferrure de grand-voile.
Ont ainsi repris vie la perceuse à colonne, la scie à ruban, la raboteuse-dégauchisseuse, grâce à la coopération Juan-Danny.
Suivirent diverses machines à main. D’autres, irrécupérables, sont en cours de renouvellement grâce à un bateau ami arrivant de Martinique (220 V oblige – toutes les Amériques sont restées au 110 de nos grands ou arrière grands-parents)...



Quand on ne restaure pas, on peint. Il faut se dépêcher de peindre les tiroirs et placards afin d’accueillir au plus tôt le matériel, la vaisselle, les livres…
Alfredo s’est attaqué à la cuisine, tandis que Saül est dans la cabine arrière, en cours d’installation. Junior, qu’on ne voit pas, peint les tiroirs de la salle des machines, Carlos peint le poste avant.

La chaîne, c’est déjà une vieille histoire. Nous la dérouillions au feu et à l’eau froide, puis elle fut suspendue et goudronnée (photo centrale). Le goudron, pas encore bien sec aux articulations, vient d’être passé à la peinture pour terrasses. Et ce ne sera pas tout. Nous la passerons ensuite à la peinture noire…

Une hotte faite maison : un coffrage de bois (qui restera en place), doublé à l’intérieur d’une tôle inox achetée à la casse, pour permettre de mieux dégraisser. Une lampe sera nichée dedans, ainsi qu’un extracteur d’air.
.Anecdote, voyant arriver cette tôle, le carrossier à qui nous l’apportions pour la couper s’est écrié : je suis presque sûr que c’est la tôle qu’on m’a volée.
Le vol, ici, est ancré dans la vie quotidienne. On vole tout le monde, même ses vieux amis, et tout, y compris un briquet, une carte de téléphone… quand on ne puise pas dans les portefeuilles. Ce fut une des plaies de ce séjour en chantier, et nous y avons perdu un peu plus qu’un briquet !

Le point

Dans le chaos inquiet de cette rentrée de septembre, notre appel pressant à dons ou prêts semble passé inaperçu.
Nous ne pouvons donc continuer avec notre groupe, n’ayant plus de quoi le payer. Sauf rentrée inopinée de fonds, ne resteront, à la parution même de ce journal, que les 2 ou 3 ayant un travail en cours et presque fini. Les caisses sont vides, vides..
Il reste pourtant à faire toutes les nombreuses finitions, à terminer le poste arrière, à installer les toilettes, l’eau, le gaz, et une quantité impressionnante de peintures et vernis à passer.
Nous avions espéré que tout cela pourrait être fait par l’actuel groupe de travailleurs, de façon à nous consacrer au rééquipement (tous les matelas, tissus divers, la cuisine, la caisse à outils, etc.), et au gréement.
Mais, en plus, trois des six équipiers annoncés se sont décommandés. Nous ne serons donc que quatre, y compris le capitaine, pour faire face à tout cela et à la remise à l’eau, dont 3 peu familiers d’un tel travail, d’un tel environnement, et le 4e fort pris par les urgences absolues. Elle est dure, cette fin de restauration !

Ne pleurons pas, cependant. Le bateau va reprendre la mer, c’est déjà une bien belle chose de faite.

Mais ces problèmes soulignent un fait nouveau dans la vie du Karrek Ven. Dans la seconde vie de ce bateau, les jeunes venaient à bord pour de longs séjours, d’un an au minimum. Ce séjour était financé en partie par les familles, en partie par du travail effectué à bord (reportages TV par exemple). De plus, le travail d’entretien du bateau pendant 20 ans fut entièrement effectué par cet équipage, quel que soit le temps demandé : tous nous avions le temps, et ce travail participait à la propre formation de ces adolescents.
Aujourd’hui, les nouveaux équipiers, qui sont de jeunes adultes, doivent gagner à l’avance, avant de partir, leur participation quotidienne. Ils n’ont ainsi souvent que de quoi s’offrir quelques mois à bord. Karrek Ven ne pourra donc pas compter sur eux pour un entretien aussi poussé (qui prend du temps), ni pour des reportages élaborés. Comment se financeront alors son fonctionnement et son entretien ?
La SamKV tente de trouver pour cela des partenaires dans les entreprises. Le nouveau Karrek Ven, étant davantage présent dans les media, ce n’est pas chose impossible. A suivre.
Elle établit aussi un nouveau réseau d’amis de ce bateau et de ses activités, qui prendra le relais du réseau de parents des jeunes à bord, existant auparavant. Le travail effectué par cette association depuis son AG de février dernier est déjà fort important. Une nouvelle sphère Karrek Ven se construit.
En attendant, pour rééquiper le navire, et pour rembourser les emprunts (différence entre la courbe bleue des disponibilités en caisse et verte des dons), nous maintenons nos appels, pressants, tant à de nouveaux dons qu’à de nouveaux prêts.
N’oublions pas non plus, une façon agréable de soutenir le navire dans ses entreprises : participer à ses accueils.


Navigations

Le bateau pourrait retourner à l’eau.
Le travelift a retrouvé assez de sangles renforcées pour cela. Nous nous y employons donc. C’est un peu la folie, cependant, tant les détails, tous capitaux, pleuvent sur le crâne du seul responsable de cette restauration, capitaine en plus de ce navire. Il tente de rester zen pour ne pas tout compromettre !
Le bateau retournera à l’eau dès que possible : risques de fuites contrôlés, pompes et leur générateur en fonction, et tout le matériel débarqué revenu à bord. Sans argent, sans personnels, les choses sont forcément ralenties.
Marion et Solveig, nouvelles équipières, arrivent cette semaine.
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