Charpente axiale
Retour à la colonne vertébrale !
Les boulons, écrous, tiges lisses à galvaniser sont prêts, c'est l'heure
de tout cheviller.

Les bateaux en réparation et entretien s'alignent au long du rivage du
chantier, d'autres attendent, encore à l'eau.
Le gros "travelift" jaune, semblable à la base d'une tour métallique,
approche du bassin où il prendra son prochain client.
A gauche, derrière un bosquet, un gros bateau est sorti sur des rails.
On ne distingue de Karrek Ven que ses mâts (flèche grise).
Tous les bateaux blancs, excepté celui qui est à l'eau, sont des bateaux
de bois.
Les autres sont en fer. Le plastic est inconnu dans ces bateaux de travail.
En avant !

Carlos (en rouge) aide son collègue Francisco à tenir la grosse perceuse
à deux poignées.
Juan a dû souder bien droit une rallonge à la mèche.
Le trou, de 25 mm de diamètre, fait 85 cm de long.
La tige lisse qui sera enfoncée dedans (cheville à bout perdu) unira,
avec 3 autres, le marsouin et la quille.

Les varangues recevront le même traitement qui les assujettira au marsouin.
Les membrures pourront alors être fixées aux varangues, et il ne restera
plus qu'à "parer" (égaliser) leurs faces extérieures.
Tout sera alors prêt pour le bordage de la coque (poser les planches de
la coque).
On voit sur la photo le plan de chevillage de l'ensemble.
Les chevilles sont disposées en biais pour ne pas risquer un glissement
des pièces vers le bas, une fois le bateau à l'eau.
Elles l'étaient aussi à l'origine, lorsque fut construit Karrek Ven.
Sous la quille, d'autres chevilles maintiennent la "semelle", pièce de
bois rapportée pour pouvoir être changée quand elle est abîmée, sans avoir
à toucher à la quille. Cette semelle est protégée lors des échouages par
une "bande molle" (pas du tout molle d'ailleurs), longue et large bande
métallique d'un centimètre d'épaisseur, clouée avec de longs clous de
20 cm.
C'est un cadeau du voilier "La paix Royale", clous forgés identiques à
ceux que portait Karrek Ven lors de sa construction.
L'étrave ancienne est toujours en place, hélas.

Nous avons enfin obtenu de son vendeur l'autorisation de débiter le magnifique
tronc de bois dur qui devait faire l'étrave.
Hélas, au fur et à mesure que l'on approchait du coeur, des fissures apparaissaient,
de plus en plus larges et profondes.
Nous avons dû renoncer à ce tronc, attendu depuis plus de six mois !
Un autre tronc est en vue, celui qui a déjà fourni l'excellente allonge
de voûte.
Sous la colonne vertébrale

Luis-Miguel fixe sa mèche pour forer le trou du dernier clou de la "bande
molle" en fer. Une fois clouée sous la semelle cette grosse pièce de fer,
il faut abattre en biais le bas de la semelle. Ainsi la bande molle affleure-t-elle
de chaque côté et protège le bois. Sur la photo, cet abattement a déjà
été réalisé à droite, alors qu'il ne l'est pas encore de l'autre côté.
Entre les deux pièces a été étalé un lit non de blious comme ailleurs
mais de brai (goudron) épais, mêlé à de l'étoupe hachée. Sa tenue à l'eau
de mer sera meilleure que du mastic (le "blious", que nous disposons plutôt
sous les pièces qui ne sont normalement pas en contact avec l'eau de mer).
En arrière

L'allonge de voûte termine l'arrière du bateau (symétriquement à l'étrave,
à l'avant). Durant l'absence de l'ancienne, l'arrière s'est ouvert de
2 à 3 cm. Il a fallu le reprendre à l'aide de palans à chaîne qui resteront
à poste jusqu'à fixation de cette belle pièce de bois.
Sur la photo de droite, on voit la suite de cette allonge, à l'intérieur
du bateau, sous le pont. Une belle pièce de bois de 16 cm d'épaisseur
a été taillée en forme pour maintenir ensemble l'allonge, le pont et les
deux cotés du bateau.
Sous cette pièce viendra se nicher la 42e et dernière varangue.
Nous verrons prochainement comment toutes ces pièces s'assembleront pour
assurer une grande solidité à la poupe.
Vie du chantier
La campagne électorale pour le référendum du 15 août commence à toucher
le chantier. Des "si" et des "no" apparaissent ici et là, peints en lettres
géantes. Les gardiens des différents bateaux se retrouvent le soir autour
de dominos mais, le rhum aidant, ils s'échauffent et défendent ou attaquent
leur président Chavez à grands cris. Cependant, cela demeure méridional,
on n'en vient pas aux mains. Il n'y a d'ailleurs pas de grande certitude.
Chacun reconnaît les erreurs du président, et en même temps le peu de
confiance qu'on peut porter aux leaders de ses opposants.
La saison des pluies a bien repris.
Chaque jour nous mouille, un petit moment... Façon de rafraîchir l'atmosphère,
en l'absence des habituels vents alizés.
Trois personnes sont maintenant à bord pour aider le capitaine à mener
le chantier, Emmanuel et Sébastien, anciens marins de Karrek Ven, et Antoine,
élève ingénieur.
Le point

Durant les temps morts ou en plus des heures de travail, Juan et Luis-Miguel
ont refait les réservoirs à gazole du bateau. Découpe des tôles
corrodées, soudure de nouvelles plaques, et pour finir une belle peinture
epoxy de protection. Ne reste plus qu'à remettre ces réservoirs en place.
Le moteur du bateau est aussi en traitement : nettoyage, peintures, vérifications.
Les réservoirs à eau sont repris à leur tour : changer les parties
abîmées, re-étancher à la résine. Il ne reste donc, hormis la fin des
travaux de chevillage, que l'étrave à poser avant de commencer le bordage
que chacun attend avec impatience.
La râblure de quille a été splendidement faite par Rafael, aidé de son
fils ; la râblure sur l'allonge a été faite par José, le nouveau charpentier.
Manque bien sûr encore la râblure d'étrave. Nous allons tâcher, cette
nouvelle semaine, d'amener le tronc de remplacement pour l'étrave et de
commencer à le débiter.

(Lorsque vous passez le curseur sur l'image, vous obtenez la courbe de
la toute dernière mise à jour...)
Contrairement aux dons, les dépenses continuent...
Pour participer à la restauration du Karrek Ven en faisant un
don, cliquer ICI.
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