Journal illustré
de la restauration

16 septembre 2004
- n°56 -

 

 

 

L'étrave

Même sans étrave la silhouette de Karrek Ven est imposante.
Cependant, il manque à ce monument un élément essentiel de son architecture ! Histoire d'étrave, un nouvel épisode de la restauration.

Remontons au début de la semaine.
L'étrave est encore en place. A sa base, elle est encastrée dans la quille par un tenon. Celui-ci est maintenu par deux chevilles de bois.
José les chasse. Elle sortiront, dures, quasi neuves après 60 ans de service. A faire rêver d'un bateau tout chevillé en bois...
Ce morceau avec son tenon sera ensuite découpé à la tronçonneuse sur un mètre de long, et servira à tailler à l'identique le tenon et la base de l'étrave.

Juan a soudé un fer-butoir sur la lame de fer clouée à l'avant de l'étrave pour la protéger. José y dispose un cric. L'étrave est ainsi soulevée de quelques centimètres et repose sur cette base. Sur le pont, Juan a croché la partie supérieure de l'étrave à un cordage ramené au guindeau. Cela permettra de soutenir cette pièce de près de 400 kg et de la descendre peu à peu.

Ca y est ! Juan laisse filer doucement. De chaque côté, deux hommes guident la descente avec une corde.
L'ami Alejandro a approché son gros travelift, prêt à recueillir l'étrave dans une sangle en cas de dérapage.
Un petit orage n'a pas arrêté l'opération.

Opération dont Godzilla, la mascotte, suit les péripéties avec inquiétude, prêt si besoin à intervenir. Mais besoin il n'y eut pas. Tout se passa bien. Plus qu'à terminer et mettre en place la nouvelle étrave.

Au fond de la mortaise, sous le tenon, il n'y avait pas de pièce de monnaie... mais un goudron encore étonnamment bien conservé. Souple, brillant comme du neuf, odorant, et pourtant là depuis les origines !

La nouvelle étrave est quasiment prête. Le tenon a été copié sur la vieille pièce (en bas à gauche), ainsi que la profonde râblure, cette saignée où viennent s'encastrer les extrémités des bordés de la coque. Il fut difficile de faire tenir l'étrave dans le tronc assez tortueux de notre chêne local. Ainsi lui manqua-t-il un petit morceau sur le bord. Un petit bout du même arbre, de l'époxy, et c'est réparé. Il ne reste qu'à égaliser. Cette belle sculpture sera ensuite peinte, et hissée à sa place avec les mêmes moyens que ceux utilisés pour descendre la vénérable pièce ancienne.
Nous avons le projet d'utiliser ce bois de l'ancienne étrave (à coeur, en excellent état) et les chutes du tronc ayant servi à faire la nouvelle, pour construire des demi-coques du bateau qui pourront être vendues pour aider au rééquipement.

Le point

Un camion est parti chercher un nouveau chargement de bois à la scierie.
Il s'agit surtout de pièces qui manquaient au dernier chargement.
Ainsi, grâce à ce complément et à l'étrave en place sous peu, il sera possible de terminer le bordage en haut et en bas de la coque: préceinte, et bordé de galbord le long de la quille. Les opérations à venir sont donc principalement de bordage.
Dès que la cale sera fermée, le lest de ciment y sera coulé, identique lui aussi à celui d'origine qui a tellement bien protégé le bois, les chevilles métalliques, et assuré la rigidité de l'ensemble.
Un travail de recherche sur la façon de border le bateau entre ces deux limites, inférieure et supérieure, est en cours. Cette forme de coque à l'arrière "canoé" est peu commune, transition élégante, à l'apparition des premiers moteurs, entre l'arrière à voûte plate et élancée, et l'arrière à tableau droit, vertical, moderne.
Partant de photos et de l'idée que les bordés ont dû être posés de la façon la plus naturelle (avec un minimum de torsion pour suivre les courbes), on pose des listons sur les membrures pour retrouver la position de ces bordés. Le projet poursuit donc sa réalisation : il ne restera bientôt plus à refaire que le pont et l'intérieur.
Raison, bien sûr, pour ne pas le laisser tomber si près du but !
Aidez-le donc, en envoyant (ou envoyant encore) un don, en trouvant un sponsor ou un mécène.

(Lorsque vous passez le curseur sur l'image, vous obtenez la courbe de la toute dernière mise à jour...)

Pour participer à la restauration du Karrek Ven en faisant un don, cliquer ICI.


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