Journal illustré
de la restauration

18 juin 2004
- n°43 -

 

 

 

Concerto en Jaune et Rouge

Les jaunes à l'avant, les rouges à l'arrière, deux équipes rivalisent pour boucler la structure.

Les varangues chevauchent le marsouin

Les varangues du marsouin sont taillées et à poste, prêtes à unir les éléments bâbord et tribord des membrures de l'avant qui ont retrouvé leur place.
Ajustement difficile : il eût mieux valu commencer par la base (marsouin, puis varangues et enfin membrures) que faire dans l'ordre membrures, marsouin, et varangues.
Il a fallu retirer les membrures pour poser le marsouin, et faire tenir les varangues dans l'espace restant entre marsouin et membrures...
Mais les approvisionnements en bois devenus difficiles commandent l'ordre des travaux. C'est le maestro Rafael qui a dirigé avec minutie ces opérations, aidé de quatre apprentis.

Le jaune et le rouge

Une grande semaine, attendue depuis longtemps : les troncs devant servir à faire une nouvelle étrave et une nouvelle allonge de voûte sont là tous deux, et mis en oeuvre !

Le jaune, c'est un arbre proche du gaïac par sa dureté et sa densité (Bulnesia arborea). Il servait à faire des quais, des quilles de bateaux. Karrek Ven l'utilisait déjà pour ses caps de mouton.
Le tronc de 6 mètres est débité avec soin, projetant une sciure jaune agressive pour les yeux.

Depuis des semaines, le forestier ayant amené ce tronc préparait une machine complexe réalisée par lui, devant, à l'aide d'une tronçonneuse à chaîne très longue, couper régulièrement le bois. L'appareil glisse sur une planche mise à l'horizontal, entraînant sous lui la tronçonneuse.
Le travail est lent, laborieux, les arrêts constants : le bois se défend, la tronçonneuse chauffe, sa chaîne s'émousse.

A côté, une autre équipe a attaqué une pièce de bois plus modeste mais non moins résistante d'un bois rouge presque aussi dense et lourd que le jaune, le chêne des tropiques (Platymiscium diadelphum).
Il a peu en commun avec celui d'Europe, sinon par ses glands. Il est plus dur et d'un rouge vif. Leo, et notre nouveau maestro José le débitent de façon semi-traditionnelle, à l'aide d'une herminette à long manche dont on facilite le travail en donnant dans l'arbre une série de traits de scie circulaire, parallèles. Travaillant sans relâche avec ce matériel simple, ils mènent pour le moment la course : à ce jour, leur tronc est aplani sur deux faces.

Leo et Emilio, la tradition et l'effort physique d'un côté, la conception technique pour réduire l'effort de l'autre. Dernières nouvelles, la machine est de nouveau en panne... pour une durée indéterminée.

Poussé par son succès, José fait retirer la vieille allonge de voûte pour tracer la nouvelle à l'identique. Libérée de ses boulons, elle est soulevée avec un palan à chaîne suspendu à la bôme et sort doucement de son logement. Les deux cotés du bateau ont été solidement reliés l'un à l'autre pour éviter qu'ils ne s'écartent.

Galvanisant

Malgré les apparences, nous ne sommes pas encore complètement au point pour notre entreprise de galvanisation. Faute des produits nécessaires, nous avons tâtonné.
L'acide phosphorique n'était pas un décapant assez puissant pour ôter toute l'oxydation.
Le chlorhydrique décape mieux. Nous manquaient encore les produits de fluxage, devant éviter la réoxydation avant plongée dans le zinc en fusion et faciliter la réaction d'accrochage zinc-fer.
Sebastian a tenté de plonger les pièces directement dans le zinc, en les essuyant rapidement de leur acide sans leur donner le temps de se réoxyder. Le résultat n'est pas mauvais, les grands boulons de quille sortent argentés, mais pas parfaits. Il reste des taches sans zinc. Nous attendons donc l'arrivée des produits magiques, chlorures d'amonium et de zinc, en réfléchissant à nos opérations, nous demandant si nous n'avons pas négligé un détail de ce processus minutieux.

Vie du chantier

Un grand bateau de fer est sorti cette semaine. Nuits épouvantables de sablage : bruit et poussière. Les soudeurs ont pris le relais du sableur, travaillant même de nuit. Obligation, quand on se douche au robinet du quai, de fermer les yeux pour ne pas risquer de coups d'arc...
Un joli bateau de bois rondouillard est sorti aujourd'hui, "El Teide". Il était déjà là fin août 2003 lorsque Karrek Ven est sorti. Le temps passe...
Les larcins ont baissé sur le chantier, qui est en ce moment le lieu de passage d'un trafic de thon volé entre une usine voisine d'un côté et le quartier populaire de l'autre. Pendant ce temps, les gardes, sereins, se racontent des histoires drôles, assis sous un grand lampadaire. Un grand chien noir, racé, est apparu, rendant jaloux la meute fidèle qui dort au pied de Karrek Ven. Autres gardiens...

Le point

Toutes les varangues et les membrures sont maintenant en place. Il manque seulement les boulons et chevilles pour fixer les dernières. Question de galvanisation, qui devrait être résolue dans les quelques jours à venir. Ensuite le parage général de la coque commencera. L'équipe rouge devrait avoir taillé l'allonge de voûte et fini sa mise en place lors de cette prochaine semaine. Mais l'équipe jaune est peu prévisible. Espérons qu'elle reviendra vite avec une machine bien au point. A l'intérieur, deux groupes s'occupent, à babord et tribord, de poser les contre-bauquières.
Las de nous battre pour conserver les échaffaudages que chaque bateau s'arrache, nous avons entrepris d'en construire. C'est Juan qui mène ce chantier. Une première, grande unité, est sortie aujourd'hui de ses mains, parfaite.


(Lorsque vous passez le curseur sur l'image, vous obtenez la courbe de la toute dernière mise à jour...)

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