La gazette du Chantier (épisode 2)
Nous poursuivons, durant ces vacances (pas pour nous !), la "gazette".
Il pleut des cordes !
La foudre tombe tout autour du bateau.
Le pont, ni le taud ne sont plus étanches, nous sommes réfugiés avec le
chat et le chien sous une bâche.
Le Pot au Noir est sur nous.
Lancés depuis 11 mois les événements de la Restauration ne s'arrêtent
pourtant pas pour autant.
Mickey au chantier
Le bateau du Capitaine Crochet n'a pas fière allure sous le déluge.
Cependant Mickey garde le moral.
Un Mickey avec un mètre ruban ? C'est nouveau, ça...
Eclaircissement à l'image suivante.

Un second Mickey a surgi de derrière le premier.
C'est le maestro carpintero Cesar, qui s'en prend à Francisco couché sous
le bateau ! Couché avec une ponceuse à bout de bras qui lance un nuage
de poussière...
Celle des bosses sous la quille. Il fallait se montrer plus précis en
réparant cette pièce par dessous. Enlever ces grandes plaques de fer (en
rouge foncé) ne fut pas sans intérêt pour l'histoire du bateau.
Plusieurs constatations :
- nous ne sommes pas les premiers à les enlever. Elles masquaient de vielles
réparations de la quille, dont une pièce de pin ! (supprimée par nous,
remplacée par du bois dur).
- dans l'ensemble, cette partie de la quille qui travaille beaucoup, avec
les vibrations de l'hélice, avec les torsions de cette grande dérive qui
s'oppose au roulis et avec enfin le poids et les mouvements du gouvernail,
a bien tenu le coup.
Le vieux chêne en est très dur.
Peut-être est-on près de la racine de l'arbre qui a donné la quille, ce
qui expliquerait la forme un peu tordue de celle-ci à cette extrémité
du bateau, et quelques rajouts, peut-être dans les creux des racines...
On fait dans le Sherlock Holmes.
Les grandes plaques de fer renforcent aussi cette partie. Depuis les origines,
des capitaines ont dû travailler sur elles : les ajouts, là aussi, se
sont multipliés. Au sujet de ces plaques, un mystère. Regardez le bois
qu'elles recouvrent, dans le précédent numéro.
Un fer à cheval est creusé dans l'étambot.
Des deux côtés de la coque. Pourquoi ?
Si quelqu'un a la solution, qu'il nous la donne vite !
Notez que les deux branches de ce fer à cheval dépassent vers le bas la
jonction étambot/quille (jonction qui se situe au dessus du triangle rouge
dans le coin de la râblure).
La tôle dans l'ensemble était bonne, sauf en bas et à l'arrière où Juan,
notre spécialiste métallo, l'a changée. Repeinte à l'epoxy, elle devrait
durer un bout de temps. Juan et son collègue Luis-Miguel ont également
refait les 22 boulons et 5 très grand clous qui la tiennent. Ils ont chauffé
coupé de la barre lisse (1/2 pouce), l'ont filetée à une extrémité, ont
chauffé l'autre extrémité au chalumeau sans guère d'oxygène pour ne pas
brûler le métal (conseil d'un ami de passage), et l'ont martelée pour
en faire une tête. Les clous ont aussi été "forgés" au chalumeau et terminés
à la disqueuse.
Sebastian et Antoine partent de nouveau à l'autre bout du pays pour faire
les faire galvaniser, avec un autre lot de chevilles. Nous aurons là des
clous et des boulons plus vrais que vrais !
Wilson & Brother

Les charpentiers 3 et 4 en ancienneté à bord sont frères.
Wilson (ci-dessus) s'occupe sans cesse de parfaire le parage de la coque
à l'extérieur et à l'intérieur. C'est un des charmes de cette restauration
que de revenir sur le travail déjà fait... Mais c'est aussi la preuve
que l'on se perfectionne !
Le premier travail ne nous satisfait plus. Doux bruit constant de ponceuse
et brouillard de sciure d'ébène vert, irritant. Mais la coque se fait
de plus en plus régulière, douce à caresser de l'oeil. L'arrivée du nouveau
chargement de bois a été reportée d'une semaine, dans l'espoir que toute
la commande soit prête à la scierie. Ce ne sera quand même pas le cas:
en forêt les camions ne peuvent plus circuler, saison des pluies oblige.

José, sur ces membrures bien lissées par son frère, pose les deux sous-bauquières
(3 et 4). C'est la ceinture de Karrek Ven. Il était temps de la terminer :
le ventre du navire tendait à se distendre avec le temps et les coups
de masse qu'il reçoit de partout pour enfoncer les chevilles.
1 : contre-bauquière, unissant le couvercle (le pont) à la casserole (la
coque). Des boulons provisoires y sont fixés pour ne pas que le bateau
s'ouvre comme une pastèque. Les définitifs viendront avec les nouveaux
barrots de pont.
2 : la bauquière, sur laquelle s'appuient les barrots. Ces pièces, aux
extrémités tourmentées du bateau, sont toutes étuvées avant la pose, et
laissées à refroidir une nuit sur moule (généralement la vieille pièce).
Charpenterie, affaire de famille

Cet apprenti attentif et minutieux, c'est Frangel, un fils de Cesar.
Il a gagné la charge de restaurer les réservoirs à eau.
Paisible, consciencieux, il mène seul son affaire.
Deux autres se sont essayés à cette tâche peu agréable (poncer la fibre
de verre... ça pique partout !) et délicat. Frangel, lui, franchit toutes
les étapes avec succès, et avec le sourire. Cette semaine, il attaque
la résine.

Il pourrait passer pour un matelot d'Henri de Monfreid.
C'est Junior, le grand frère de Frangel.
Il parcourt tous les postes de travail, aidant qui a besoin de lui. Gentil,
serviable, il espérait en fait exercer la coiffure qu'il a apprise. Mais
l'économie en a décidé autrement. Le frère de César, c'est Rafael, charpentier
numéro 2, patient et consciencieux. Il fait équipe avec ses deux fils,
Carlos, toujours souriant et affairé, tout petit de taille, ce qui est
bien pratique sur un bateau, et José, un peu moins affairé... Ajoutons
à cette tribu un autre apprenti, Alfredo, neveu de César le patriarche
au Mickey sur la poitrine.
L'avenir
Mise à jour prochaine de la page "Dernières Nouvelles".
Les amis des activités de Karrek Ven, les candidats aux futures expéditions,
les équipes de chercheurs, reporters, gens du spectacle désireux d'embarquer
y trouveront des réponses à leurs interrogations.
Le budget

Cela demeure le gros souci actuel.
Depuis l'appel de l'Opération Arc-enciel, les dons ont repris, en particulier
de personnes concernées par le Karrek du temps de la pêche.
Merci et bienvenue à ceux qui entrent ainsi dans ce chantier Karrek Ven,
et merci à ceux qui renouvellent leur participation. Cela nous encourage,
mais nous restons encore déficitaires, les dons n'arrivant pas à couvrir
les dépenses de la semaine. Il faut une amplification de cette reprise
de dons, et quelques plus gros apports de 5000, 10000 euros.

(Lorsque vous passez le curseur sur l'image, vous
obtenez la courbe de la toute dernière mise à jour...)
Pour participer à la restauration du Karrek Ven en faisant un
don, cliquer ICI.
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