Les joies du bouclage
A l'avant comme à l'arrière il ne restera bientôt plus qu'une virure
à poser.
Toute l'équipe s'en trouve stimulée.

Indien métissé de deux autres continents, Frangel pose un bordé en plaisantant
avec son cousin. Les planches pèsent lourd, les presses n'appliquent qu'avec
peine les bordés sur les membrures, le bois est dur à perforer, enfoncer
les clous dans des positions souvent incommodes est un sport des plus
sérieux...
Mais après 150 planches et plusieurs milliers de clous, l'équipe est entraînée !

Nouvelles précisions sur les virures, de bas en haut. Les trois du bas
font, comme à l'origine, 40, 40 et 30 cm. Elles sont aussi larges afin
de contribuer efficacement à la rigidité longitudinale. Pour les 17 autres
virures on a divisé l'espace restant en parties égales. Ce n'est pas ce
qu'il paraît sur cette photo !
Plusieurs y sont plus larges, telle la "clore" qui manque encore, et ses
voisines. C'est que ces bordés sont faciles à poser, sans grandes
torsions. Il faut les tracer en courbe, comme le montre la règle appliquée
sur les membrures, mais ils se posent "naturellement", sur des membrures
presque plates. Ceux qui sont au dessous, par contre, viennent sur des
parties de la membrure à la concavité prononcée. On ne peut donc les couper
large, sous peine de ne pas pouvoir les appliquer, sinon en désépaississant
de 2 ou 3 cm cm leurs deux bords intérieurs longitudinaux pour qu'ils
épousent le creux de la membrure.
A l'origine, il en allait différemment. Les membrures avaient été
taillées en facettes, au lieu d'une courbe continue. Les virures pouvaient
alors toutes avoir la même largeur, le problème de la concavité ne se
posant plus. C'était pratique.
Cependant, si l'on devait plus tard changer plusieurs de ces bordés, on
pouvait être ennuyé, les nouveaux devant impérativement avoir la même
dimension que ces facettes, ce qu'il n'est pas toujours possible de trouver.
Ici, suivant une tradition bien établie, la courbe des membrures n'a pas
été facettée, ce sont les bordés, sur leur face interne, qui ont été modifiés.
Ils ont été "coffrés" (arrondis en forme sur cette face interne) et seront
lissés sur leur face externe, èpousant ainsi la courbe des membrures,
et donc du bateau.
Tout cela diminue un peu l'épaisseur du bois. C'est pourquoi nous avons
utilisé des planches de plus de 5 cm d'épaisseur (généralement 6) aux
endroits les plus concaves ou à larges bordés (les larges virures du galbord).

Les bordés de l'arrière ont une forme très particulière. Un gabarit précis
est nécessaire pour les découper.

Leur pose n'est pas simple, non plus.
Avant que ne s'installe la pureté des lignes, il y a pas mal de fouillis !
Sur le pont
A la terrasse, on retire le vieux bordé de pont pour changer les barrots
(poutres).

C'est le travail de Wilson et Alfredo. Le plus délicat est de ne pas
passer au travers, et de ne rien faire tomber sur la tête des travailleurs
d'en bas.

Le coin bien nettoyé, de nouveaux barrots sont mis en place, s'appuyant
sur les serres bauquières auxquelles ils sont boulonnés. Pas de difficultés.
Les barrots qui se trouveront plus tard soutenus par une épontille ou
une cloison sont ployés sans difficulté à la suite de 12 heures d'étuvage.
Les barrots sans support, eux, seront taillés dans des poutres de plus
grande largeur, comme cela se fait couramment. Ils devraient mieux conserver
leur cintrage sans épontilles que les étuvés.
Le point
Le bordage, à peu près terminé, restera un moment sans la clore finale
pour faciliter le coulage du lest en béton et le nettoyage de la cale
durant les travaux du pont.

La prochaine opération sera le lissage de la coque, qui demande beaucoup
d'attention, sinon gare à la coque cannelée-bosselée !
Pendant ce temps le reste de l'équipe se mettra au pont et bastingage.
Puis, après une première peinture de fond, commencera le calfatage.
Les clous de bronze qui manquaient pour ces travaux viennent d'arriver
des Etats Unis.
Le onzième chargement de bois apportant, avec le bois des cloisons intérieures
et les clores, les éléments courbes du plat-bord (la couronne du pont)
arrivent cette semaine.
Sebastián part faire galvaniser un nouveau lot de boulons, ceux
du pont en particulier. Manuel s'est mis aux mesures du bateau pour démarrer
la fabrication des demi-coques.
Julien, jeune charpentier de marine arrive de France ce mardi.
En France, Jean-Louis Jacquin, fils d'un voilier armateur du Karrek Ven
à la pêche, a retrouvé son premier acte de francisation (il se nommait
alors le Pot d'Hervé), belle pièce enluminée qui fera une autre série
de lots de la tombola.
Le bureau de la Société des Amis et Marins du Karrek Ven (la SamKV) prépare
son assemblée de janvier à Douarnenez.
Et l'on recherche toujours des crédits.
Quelques dons sympathiques cette semaine sous forme de participation à
la tombola. Grand merci à vous.
Vous êtes à présent destinataires de l'annonce de parution du Journal
et des faits importants.
Cependant, 5 adhésions+tombola par semaine ne suffiront pas.
Il en faut 50, si l'on ne veut veut pas être contraints de suspendre les
travaux jusqu'à retrouver un financement pour continuer.
Or interrompre les travaux est mauvais. Ce qui est en cours se détériore,
l'équipe de travail se disperse... et les frais de stationnement et location
des machines continuent à courir.
Plus que jamais, aidez-nous à faire revivre ce brave bateau.
Mode d'emploi, Cliquer ici.

(Lorsque vous passez le curseur sur l'image, vous obtenez la courbe de
la toute dernière mise à jour...)
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