Journal illustré
de la restauration

16 octobre 2003
- n°8 -

 

 

Attachez vos membrures !

Ces belles pièces pèsent chacune un quintal. Une tonne de bois grimpe à l'assaut de Karrek Ven. Il faut les accrocher, ou bien le bateau va s'ouvrir comme une grande fleur...

Les Serres

Ce sont des pièces en long, assurant la rigidité du bateau dans ce sens. Une série de serres se trouve en haut de la coque, la famille Bauquière. Ce sont ces respectables pièces de bois qui maintiendront les membrures, boulonnées à elles.

Les vieilles sont en mauvais état. Il convient donc de les changer. La plus haute, plaquée contre la tête des membrures, est la "bauquière" (c'est sur elle que sont posés les bancs dans les embarcations non pontées). Pour la renforcer, et soutenir les barrots de pont, la "contre-bauquière".
Et par dessous, deux autres encore, les "sous-bauquières". La bauquière, avec ses 7 cm d'épaisseur d'ébène vert, a causé une nuit blanche à Aldo, le maître charpentier.

Il a griffonné sur une poutre des schémas montrant comment elle doit s'appuyer aux têtes des membrures, mais comment la ployer ?



Finalement, après avoir tracé puis découpé à la scie circulaire les 14 cm d'épaisseur de la contre-bauquière dans un plateau de près de 400 kg, on a posé la bauquière dans la partie laissée en creux de ce plateau. Soulagement, la bauquière, avec quelques serre-joints, y a gentiment pris sa forme. Elle ne devrait donc pas poser de problèmes quand on la plaquera aux jambettes, au moins sur ce flanc de la coque, peu courbe.

Dans l'antre de la menuiserie

Les machines à bois tournent, la sciure vole, c'est là que s'élaborent les formes, que se fignolent les surfaces. Dégauchisseuses, raboteuses, scies à ruban, toupies tournent, mordent, coupent, mettent aux bonnes dimensions, sculptent, sous la main des charpentiers assistés de leurs apprentis.

Des outils à main complètent cet arsenal, les uns électriques, les autres non, comme autrefois. C'est de cette manière, traditionnelle, que nous avons choisi de faire les moulures de ces bois qui suppriment les dangereuses arrêtes vives. Elles auront ainsi le même aspect que les anciennes que l'on retire.
Les "scarfs" également (enlèvements aux extrémités devant s'assembler entre elles) sont exécutés en grande partie à la scie à main, ce qui, dans ces bois très durs, est assez long.

Les couples ont progressé vers l'avant du bateau. Là, le resserrement de la coque oblige à donner un biais à ces membres.
L'angle se prend sur la vieille pièce, refaite à l'identique. Pour les premières, un coup de ponçage au gros papier de verre suffira à donner l'angle. Mais, celui-ci prenant davantage d'importance au fur et à mesure de la progression, il faudra tailler les membrures plus larges et leur donner le bon angle à la scie à ruban, opération délicate.

Le point

Les travaux se diversifient, deviennent plus complexes. Le rythme de fabrication et de pose des membrures s'en est un peu ralenti.

Le premier bois est arrivé il y a 25 jours. Plus du quart des membrures est posé, et le tiers des serres est prêt à l'être. C'est bien. Cependant, les clous d'Amérique n'étaient pas au bateau de cette semaine, et l'on a épuisé les stocks de chevilles galvanisées pour les membrures, de tout Cumana... Risque, donc, d'un nouveau ralentissement dans cette production. Heureusement, d'autres tâches sont là; il n'y aura pas chômage !
Deux jeunes gens et une jeune fille offrent de venir prêter main forte sur le chantier. Le groupe des amis et anciens marins de Karrek Ven, dont les interventions matérielles et les informations quotidiennement envoyées par Internet sont si précieuses pour cette restauration, est en cours de se structurer légalement, de façon à accroître son efficacité. Cette Société se charge à la fois de collecter des informations sur le passé à la pêche du bateau, et de rechercher des fonds pour sa restauration et sa maintenance.
Le Karrekvenéthon a repris cette semaine avec trois nouvelles promesses de dons. Cependant, d'anciennes promesses restent encore non finalisées. Espérons que leurs auteurs n'oublient pas le petit navire !


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