Journal illustré
de la restauration

28 janvier 2005
- n°75 -

 

 

 

Sur le pont...

Le pont, voilà maintenant la grande affaire.
Le calfatage de la coque est plus qu'à moitié fait, aucun problème en vue de ce côté. La vedette, cette semaine, c'est le pont.

Que taille donc Rafael dans ce magnifique plateau de bois tors ?
Le plat-bord arrière bâbord.
Avec son symétrique sur tribord, ils forment le cadre de la partie arrière du pont. Cadre de 8 cm d'épaisseur dans lequel s'encastrent les jambettes qui supportent le pavois (bastingage). Pour tailler une telle pièce, il faut plusieurs passages de scie circulaire, et terminer à la scie à main. Puis on lisse, au rabot électrique, ou à la ponceuse à disque dans les fortes courbes. Un biais correspondant à celui de la coque à cet endroit (prolongement vertical des préceintes), est à faire ensuite.

Rafael, Frangel et Luis-Miguel, les héros de la semaine avec Wilson (photo suivante). Dans l'ordre des opérations :
1/ On a d'abord "désarmé", c'est à dire retiré le bastingage et l'ancien plat-bord. La question s'était posée de le refaire en entier ou pas. Mais son mauvais état en plusieurs endroits, le fait qu'il gêne aussi pour changer les barrots de pont, a conduit à choisir de tout refaire à neuf.

2/ Une fois vieux plat-bord et jambettes retirés (on n'y avait pas cloué le bordé en prévision de cette opération ; ce qui permet de les retirer sans difficultés), on fait un gabarit en carton. Celui que descendent Wilson et Frangel fait 5 mètres de long.
3/ Puis on trace sur le plateau. A noter que le gabarit ne donne que la courbe extérieure. La courbe intérieure est tracée par mesures effectuées sur places et reportées sur le gabarit, ainsi que l'angle à donner à la pièce tous les 40 ou 50 cm. Mais avant de tracer, il y a le délicat travail de positionnement.
"Comme ceci...", la courbe extérieure du plat-bord approche trop du bord du plateau, on entre dans l'aubier (la partie jeune du tronc, qui pourrit facilement).
"Comme cela...", c'est l'extrémité de la pièce qui sera dans l'aubier...
Une fois trouvé quelque chose de satisfaisant qui ne fasse pas trop perdre de la longueur du plateau, il faut reprendre le tracé, avec la position de la dernière jambette : ne tombe-t-elle pas trop près de la jonction entre cette pièce et la suivante ? Si oui, il faut changer éventuellement la forme de la jonction...
Mais parfois on perd. Ainsi, de la pièce symétrique à celle-ci (tribord), on n'a pu conserver que 2,30 mètres sur les 5 que faisait le plateau !
L'aubier, l'emplacement de la jambette, tout s'est ligué contre nous !
(Sur la photo, en noir, Julien complète par la pratique sa formation de charpenterie de marine reçue en France).

La pièce est taillée. Bois mou ? Oh, non, c'est du courbaril, d'une densité actuelle de plus de 1 (dans l'eau, il sombre). Il perdra un peu de son poids en séchant. Reste à faire le biais, un ajustage plus précis sur le pont même, et les trous des jambettes (eux aussi en biais). Nous devrions voir cet élément de plat-bord en place la semaine prochaine.

Le même travail a été fait à l'avant. Le bordage (planches du pont) a commencé. On voit l'emplacement de la descente (rectangle non ponté). On l'a interrompu pour passer à l'arrière afin d'avoir (au dessous) un local étanche où installer la cuisine. Celle-ci est pour le moment sur le pont (un morceau de la cuisinière apparaît en bas à droite de la photo). De plus, il est logique de commencer le plat-bord par les extrémités pour finir par le milieu, plus facile à ajuster. Le pont est en un bois blanc légèrement veiné de rose, appelé ici "palo blanco" (Crotonus glabellus). Nous n'avons pas trouvé d'informations sur l'utilisation habituelle de ce bois, ses caractéristiques, etc. Si quelqu'un en trouve, qu'il soit gentil de nous les communiquer. Nous avons malgré tout opté pour ce bois après un essai d'une planche laissée plusieurs mois sur le pont, au soleil et à la pluie. Le bois n'a à peu près pas joué.

Les calfats ont atteint les oeuvres vives de Karrek Ven (la partie haute).
Sebastian poursuit son entraînement, durement éprouvé dans le bras par le maniement du lourd maillet. José a davantage de pratique, or il a dû se confectionner un bracelet pour se soutenir le poignet. A bâbord, Carlos donne la réplique.
Le salaire de ces apprentis a été augmenté durant ce temps de calfatage. Toute la journée, inlassablement, ils frappent du maillet pour faire entrer et tasser l'étoupe. Pendant ce temps, un autre, plus confortablement mais pas plus gaiement, roule sans fin sur sa cuisse des cordons d'étoupe à partir de l'écheveau d'origine. Il y a près d'un kilomètre à calfater sur la coque, ce qui représente environ 3 km d'étoupe à rouler...

Le point

Notre appel au secours du dernier Journal a poussé nos amis les plus proches à se mobiliser davantage pour trouver un sponsor ou mécène, pour convaincre son entourage ou ses amis de participer à cet effort de restauration du patrimoine, voire à refaire un don ou prendre encore quelques billets de tombola.

Trois autres demi-coques de Karrek Ven réalisées par trois des équipiers actuels, Julien, Gregory et Emmanuel. Elles seront mises elles aussi en lots à la tombola si le nombre de billets pris s'accroît. La "noire" est faite comme la première (voir Journal n°72). Les deux autres sont faites dans le courbaril des bordés et membrures actuels, avec la ligne de flottaison dans une tablette de chêne de l'étrave d'origine, sur fond d'ébène vert.
Nous faisons tout et vous poussons à le faire aussi, pour empêcher l'arrêt des travaux au chantier, si près du but. Ce serait à beaucoup de points de vue, fortement dommageable. Mais on ne peut faire travailler les gens sans les payer, ni se passer de peinture, disques abrasifs, renouvellement du petit outillage, etc. Ce qui se passera cette semaine sera décisif : trouvera-t-on un apport financier, ou au moins la promesse d'un apport proche dans le temps qui permette d'emprunter en attendant ? On estime à 25000 €uros la somme encore nécessaire pour terminer ce chantier à terre. Le détail du budget sera exposé lors de l'Assemblée Générale de la Société des Amis et Marins du Karrek Ven (SamKV) qui se tiendra le 19 février à Douarnenez, lieu de naissance du bateau. Des anciens patrons, marins, de ce bateau au temps de la pêche seront là pour raconter cette époque. Renouvellement du bureau, propositions de plans d'action pour la suite de la restauration. Davantage de précisions prochainement ici.


(Lorsque vous passez le curseur sur l'image, vous obtenez la courbe de la toute dernière mise à jour...)

Dons et tombola couvrent, cette semaine, la moitié des dépenses. 

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