On planche à nouveau...
Tandis que la nouvelle équipe de la Société des Amis et Marins du Karrek
Ven élue ce Samedi dernier à Douarnenez prend en mains ses fonctions,
sur le chantier l'équipe de restauration, libérée du travail sur la coque,
se lance toute entière dans le travail des installations intérieures et
du pont.

L'équipe toute entière ?
Non. Notre irréductible Juan continue avec la ferraille. Il remonte le
gouvernail et le système de barre. A ses débuts, Karrek Ven avait une
roue avec chaîne sur le pont, pour manoeuvrer le gouvernail. On en voyait
encore les vestiges en 85.
Cependant ce système avait été modifié pour un système par engrenages
(renvoi d'angle). Nous aimerions bien savoir quand s'est faite la modification :
durant la période de pêche, sous l'impulsion de nouvelles techniques ?
Ou après ?

Le plancher du carré (au premier plan) est terminé, avec trois trappes
au centre pour accéder à la cale. Il est, comme les autres, entièrement
vissé en vis inoxydables. Cela permettra un meilleur entretien de la cale,
d'éventuelles modifications, et aussi de resserrer les planches si elles
rétrécissent en séchant. On voit sur la photo le plancher du poste avant
en construction à son tour. C'est celui d'un local divisé en 3 éléments
: à tribord une cabine à deux couchettes superposées, à bâbord le bloc
sanitaire (wc, lavabo, douche), et à l'avant deux couchettes superposées
de chaque côté. L'ensemble devrait permettre assez d'intimité, sans pour
autant enfermer complètement dans des divisions multiples qui réduisent
l'espace. Le plan en paraîtra ici prochainement, compromis entre l'ancien
poste d'équipage, et les besoins actuels de Karrek Ven.

Le 12e chargement de bois est arrivé, apportant ce qu'il manquait encore
en barrots de pont et jambettes. Le Sieur Archimède le IIIe ne pense qu'à
sa tâche, livrer au plus vite : sur sa cabine, "Apartense de mi camino"
(Garez-vous de mon chemin).

Le bois, cette fois, est du bel amaranthe, mauve. Un bois dur et trop
cher en France pour servir à autre chose qu'à de l'ébénisterie. Une poutre
pèse 150 kg. Elle sera réduite (les barrots de pont sont courbes) et ne
pèsera plus que 70 à 80 kg une fois à poste.

Pour ceux qui se perdent dans ce vocabulaire, une petite révision.
1 - les barrots de pont (les poutres qui soutiennent
le pont).
2 - les jambettes. C'est en fait le prolongement des
membrures (3), les "côtes" du bateau. Elles démarrent plus bas que le
pont, au niveau du chiffre 3 blanc et traversent le plat-bord (5) pour
soutenir le bastingage.
3 noir - une tête de membrure pas encore prolongée
d'une jambette. Elle s'arrête sous le plat-bord.
4 - préceinte : nom des deux bordés de pont supérieurs,
plus épais que les autres (7 cm). Le plat-bord se cloue sur la préceinte
et sur l'extrémité des barrots, assurant ainsi la liaison entre la coque
et le pont. D'où la nécessité d'avoir cet ensemble solide (le plat-bord
a 8 cm d'épaisseur). Au premier plan de la photo, deux barrots à
changer. Leurs extrémités ont été attaquées par la rouille des anciens
clous et n'offrent donc plus la solidité nécessaire.

Ca y est, Rafael s'est mis à la fabrication des nouveaux barrots. Remarquer
la couleur du bois... On voit, en second plan, peints en planc, deux éléments
de plat-bord, retirés pour poser les barrots.

De son côté, Julien prépare le terrain, enlevant les planches de l'ancien
pont, prélude à l'enlèvement des barrots. Il ne reste plus grand espace
à l'équipe pour vivre à bord ! La cuisine a donc quitté le pont pour la
salle des machines...
Le point
Semaine fertile en événements, heureux ou pas.
Commençons par le pas heureux.
Le directeur de la restauration est tombé de l'absence de pont, en haut,
à l'absence de plancher, en bas, et s'est rompu deux côtes. Une planche
provisoire protégeait les prises électriques des averses, elle avait malencontreusement
été déplacée au dessus du vide. Il est intéressant de noter que c'est
pour le moment l'accident le plus sérieux survenu durant cette restauration
de déjà plus de 18 mois. Les mesures de sécurité n'étant pas draconiennes,
chacun prend garde pour son compte.
Les nouvelles heureuses.
Le travail continue de bien avancer. L'arrivée du bois, sans traîner malgré
les pluies diluviennes qu'a connues le pays (voies impraticables, glissements
de terrain, ponts coupés), permet de maintenir le rythme. L'équipe a célébré
dans la joie, la bière et le poulet grillé au feu de bois alimenté par
le vieux bois de Karrek Ven. Un petit discours les a informés de l'assemblée
de Douarnenez, des retrouvailles de la mémoire du bateau et des projets
d'entrée de Karrek Ven dans les espaces muséographiques de son lieu d'origine.
Certains s'en sont trouvés émus et fiers d'avoir participé à cette restauration.
Sans se laisser abattre par l'adversité ni sans dormir sur nos lauriers
nous poursuivons donc, sur le pont et à l'intérieur. N'oublions pas non
plus qu'il faut, avant de remettre à l'eau, rétablir les circuits et apparaux
de manoeuvre : électricité, gazole, système de mouillage.
L'assemblée de la SamKV du 19 février à Douarnenez fut chaleureuse, voire
émouvante. Beaucoup de positif. Une page spéciale du site, consacrée à
la SamKV, en cours de fabrication, racontera prochainement cette journée.

(Lorsque vous passez le curseur sur l'image, vous obtenez la courbe de
la toute dernière mise à jour...)
Le monstre ouvre la gueule pour avaler Karrek Ven. C'est ainsi que nous
apparaissent les deux courbes.
En fait, la gueule est un tout petit peu plus fermée : lors de l'assemblée,
des billets de tombola ont été pris, quelques dons ont été faits. Mais
nous n'en n'avons pas encore les montants au moment de boucler ce journal.
La situation indiquée par cette courbe est en tous cas réelle : c'est
catastrophique. Si un don important, voire un
prêt que vous nous consentiriez pour quelques mois, ne viennent
pas redresser vite la courbe verte et fermer cette gueule béante, Karrek
Ven s'y fera happer. Sur place, nous n'avons plus de quoi tenir que jusque
vers le 10 mars. Le moral reste à la confiance, mais la réalité ne fera
pas de cadeau.
Pour aider Karrek Ven, Cliquer ici.
N'hésitez pas à prendre contact
avec nous pour nous suggérer d'autres solutions constructives et
qui vous conviendraient mieux.
Merci...
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