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Aldo
Le ciel s'est chargé, bientôt noir, épais. Avec la nuit, la pluie a commencé. Puis les éclairs, de plus en plus éblouissants, et enfin le tonnerre, semblant venir du chantier même autour de Karrek Ven. Un déluge s'est abattu sur le bateau, le lavant de toutes ses poussières. Le Maître ne s'était pas senti bien de la journée. Il se plaignait de douleurs, mais travaillait quand même. "Le docteur m'a donné une journée de repos, mais ma vie, c'est ici". ![]() L'étrave
de Karrek Ven le passionnait, belle pièce à refaire de plus de 5 m, assez
compliquée. Il enseignait à Luis, son apprenti, comment s'y prendre. Toujours
plongé dans l'étape suivante, il voyait déjà Karrek Ven terminé. Rien
ne lui faisait problème, il avançait avec sûreté. Net plus ultraPour pallier ce départ, nous allons intensifier nos échanges. Tous les
jours, déjà, partaient par email des messages de questions techniques
vers les Etats Unis, l'Europe, les Antilles. Un réseau d'amis et d'anciens
navigateurs de Karrek Ven (plusieurs aujourd'hui spécialistes de la restauration),
discute les problèmes qui se posent : restaurer un bateau ancien
dans un monde moderne n'est pas toujours facile ! On ne trouvait
pas de pièce de bois suffisante pour l'étrave. Aldo en avait dessiné une
autre, tout de suite envoyée à ce réseau. Liaisons dangereusesLe dernier échange a porté sur les boulons de quille. Une varangue (la pièce de bois en fond de cale unissant entre elles les membrures de babord à tribord) s'était fendue et branlait. Nous l'avons retirée. Le boulon qui la liait à la quille présentait d'importantes réductions de section, dues à l'oxydation et à l'électrolyse. Comment vérifier les autres boulons, et au besoin les changer ?
La carlingue (forte planche doublant la quille par l'intérieur) est chevillée aux varangues. Ces chevilles aussi présentent des traces d'attaque. La varangue, elle, est asujettie à la quille par un grand boulon, celui que nous avons sorti (en partie seulement). Le lest en fonte, lui, est amarré à la quille par des boulons dont la tête apparaît entre deux varangues. Comment vérifier toutes ces liaisons peut-être aujourd'hui dangereuses... sans tout casser ? Et puis, comment changer ce qui doit l'être ? La varangue neuve reprend sa place, provisoirement assujettie en attendant une décision générale. Le pointPlus de nouvelles membrures : nous continuons à préparer le bateau pour le changer de place comme il nous est demandé de le faire. Après les bauquières, qui réunissent le haut des membrures, nous allons poser les "serres", fortes planches dans l'axe du bateau doublant les bauquières à trois différents niveaux des membrures. Pour cela, il faut d'abord bien mettre, à l'intérieur du bateau, les membrures sur un même plan. Long travail au rabot électrique et à la ponceuse. Cesar prend donc la suite du Maître pour conduire cette restauration. Sa longue pratique avec lui le lui permet. Néanmoins, plus encore qu'avant il serait intéressant qu'un vieil habitué de ce genre de bateau vienne de la vieille Europe (ou mieux encore du pays breton) nous offrir quelques semaines de bons conseils. Ce serait sécurisant et sympathique ! Suite aux vacances bancaires, nous n'avons pas enregistré de sorties d'argent pharaoniques cette semaine. Heureusement, car aucun don n'est arrivé ! Espérons que la semaine a venir sera généreuse : de gros frais nous y attendent...
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