Journal illustré
de la restauration

20 novembre 2003
- n°13 -

 

 

Serres-Ceintures

La restauration aussi complexe d'un bateau de 20 mètres est un long processus. Le travail seul, déjà en soi est important, mais s'y ajoutent la réflexion avant d'agir, les achats de matériels et matériaux, la réparation des équipements, les problèmes locaux et les fêtes... Dans notre cas il y a en plus la recherche de financements et la correspondance, deux postes de secrétariat également chronophages. La disparition de notre Maître-Charpentier a désorganisé quelque peu le travail qui commence à reprendre un rythme plus rapide: cette semaine a vu l'installation de toute une série de renforts longitudinaux ceinturant le bateau, les "serres".

Des bois rétifs

Ces pièces de bois mesurent chacune 6 mètres de long, une quinzaine de centimètres de large et 7 d'épaisseur. Les courber pour suivre la forme donnée par les membrures n'a pas été une tâche facile !

Les serres devant suivre les bordés de coque, et ces planches étant parallèles jusqu'au "bouchain" (l'endroit où la coque se courbe pour se rapprocher de la quille), en s'aidant de la position des tronçons de serres encore existants sur les vielles membrures toujours en place nous avons déterminé la position de ces longs renforts. Pour suivre cette ligne, il a fallu courber la serre sur chant avec une flèche d'une vingtaine de centimètres. Avec de grands serre-joints, des cales, un cric hydraulique et un palan à chaîne, on y est arrivé. Mais le bois souffre, gémit et peut casser.

Au fur et à mesure de l'avancée, la pièce amenée en position est fixée par un gros tirefond en inox, une membrure sur deux. De gros clous viendront compléter la fixation. Sans attreindre la rupture, nous avons eu des fentes: l'ébène vert s'avère cassant. Il s'ouvre même en séchant simplement. Nous allons renvoyer notre énorme pièce de l'étrave à la scierie, car son coeur se détache du reste. Aimablement, le Directeur nous la change, réservant celle-ci à du lambris.

Un bel ensemble

Ces pièces sont moulurées à la main, de façon identique à l'original. Cela n'a pas été obtenu sans réticences de nos travailleurs! La défonceuse à main est si facile et si rapide à manier et fait de si belles moulures... Deux serres relient à présent les membrures refaites de Karrek Ven.


Une troisième, plus courte, sera ajoutée en bas, près des varangues. A l'origine Karrek Ven n'en avait pas, mais c'est classique, et cela assurera mieux la rigidité de l'ensemble près de la quille, en particulier durant le prochain transport. A cela il faut ajouter les serres-bauquières, tout en haut des membrures.

Les bauquières proprement dites sont en place depuis quelque temps. On y ajoute à présent les "contre-bauquières", grosses poutres de section carrée dans lesquelles s'encastreront et se boulonneront les barrots qui soutiennent le pont. Manipulation difficile à laquelle Luis et Juan consacrent toute leur attention: il faut conduire cette lourde pièce à travers le fouillis des piquets de soutènement du bateau et des cables tendus en travers pour l'empêcher de s'ouvrir comme une pastèque trop mûre !

Le point

Les 15 nouvelles membrures sont donc reliées par les différentes serres. Deux de celles-ci pénètrent même dans les zones de vieilles membrures encore non refaites. Elles assureront la cohésion de l'ensemble. Sur ce schéma on a représenté les boulons de lest. Problème: comment retirer les boulons de quille pour les changer (voir coupe de la quille dans le Journal précédent) ? Il faut pour cela déposer le lest, mais alors sur quoi repose le bateau, surtout si on lui retire ensuite les boulons de quille qui assujettissent celle-ci au reste du bateau par les varangues...?
Nous acceptons volontiers les suggestions à ce sujet!

 

Un don de 800 euros est venu à point compenser partiellement les dépenses de cette semaine s'élevant à 2767 €uros. Les barres de 30 000 €uros pour les dépenses et 35 000 pour les dons ont été franchies, mais le tampon de sécurité entre ces deux chapitres de 5 000 €uros est écorné.
Qui va vite aider à le reconstituer? (voir la page du Karrekvenéthon)
La disparition d'Aldo a augmenté les frais de façon conséquente: sa veuve nous loue ses machines à un prix important, et les ouvriers ont demandé à être augmentés de 30 à 50 %. Demande opportuniste, bien que légitime: Aldo, passionné par son travail projetait cette passion sur ses collaborateurs qui eux, ne trouvent pas forcément sur le chantier compensation à leurs efforts...


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