Semana Santa
C'est une grande fête. Tout ferme.
Pourtant du travail a réussi à se faire à bord.
Un loto Karrek Ven ?

Pour changer des soucis habituels, les équipes de travail jouent au loto.
A gauche, Carlos et Francisco. A droite, David et José.
Les deux groupes seront gagnants car en fait ils préparent la même chose :
le grand bordage de Karrek Ven ! Ce sera un moment fameux celui où l'on
recouvrira les membrures...
Ce qui reste de l'ancien bordé va être retiré afin de poser les membrures
proches de l'étrave.
Avant cela quelques mesures sont prises, montrant comment les planches
vont en s'amenuisant en approchant de la proue. Le bateau étant moins
ventru là, la surface à couvrir est moindre, et donc les planches moins
larges.
A ce jour ces planches de bordé sont retirées et le premier élément de
la première membrure avant de Karrek Ven est à poste ! Opération
préliminaire au changement de l'étrave (dont le bois se fait toujours
attendre...).

David et José poursuivent le délicat et pénible travail de parage des
membrures de bâbord.
Le port du voile est ici recommandé ! Ainsi que des lunettes.

Junior effectue le même travail à tribord. Fils et aide de César, il
a été promu à cette tâche de lourde responsabilité (trop de bois retiré,
et on a un trou !) et y a gagné un nouvel aide, Alfredo, à qui il est
heureux d'expliquer comment il fait.
La coque perd peu à peu ses bosses, prend une forme plus régulière.
Il est indispensable d'approcher la perfection de lignes de façon que
les planches du bordé s'appliquent parfaitement dessus.
Le bateau retrouve sa quille interne

Tous les hommes valides du coin ont été mobilisés pour porter à bout
de bras la nouvelle carlingue jusque dans le bateau.
Là il faut encore la mettre en place. Deux jours seront nécessaires pour
y parvenir.
Car la pièce est lourde à manipuler, les obstacles nombreux, le mât a
dû être levé davantage et le support doit être parfaitement prêt :
alignement des varangues (la carlingue devant s'appuyer sur toutes et
non sur quelques unes) et préparation des surfaces en contact. De l'asphalte
liquide (sorte de coaltar) a été passé sur les varangues et le bas des
membrures. Puis les surfaces en contact (dessus des varangues/dessous
de la carlingue) reçoivent un revêtement d'asphalte pâteux.

On peut maintenant mettre la carlingue à poste.
Il ne manque plus qu'à la fixer avec des chevilles.

Le mât est alors descendu avec précaution. Juan y a soudé un support
métallique qui prévient son glissement d'un coté ou de l'autre, et sur
lequel vient s'appuyer un cric. Celui-ci s'abaisse lentement tandis que
sur le pont on reprend le mou du gréement. Une nouvelle barre d'inox a
cassé (nous avons pu constater que l'inox vieux de quelques années peut
casser facilement aux endroits de serrage (boulons) ou s'il y a eu torsion.
Les microfissures produites alors peu à peu détruisent le métal en profondeur,
alors qu'il apparaît toujours bon en surface). Cette barre du guindeau
maintenait l'étai avant du mât qui a fait une embardée. Heureusement,
le système de Juan ne lui permettait pas d'aller loin, et une sécurité
sur le pont a fonctionné également.
Le point
Avez-vous trouvé ce que représentait la photo "cyberKarrek" du journal
32 ?
Nous n'avons guère reçu de réponse...
La photo n'est pas truquée. Elle est simplement basculée sur le côté et
doublée en miroir.
Regardez-là maintenant...(ici)

Deux perroquets ont pris l'habitude de venir constater chaque matin depuis
la hune de Karrek Ven la progression du travail.
Le bateau se reconstruit, c'est évident.
Néanmoins, nous sommes toujours en nombre insuffisant.
L'équipe comprend actuellement 9 personnes, mais deux seulement sont charpentiers
de marine confirmés. Le rythme est lent à cause de cela, faute d'habitude
aussi de ce type de bateau très massif comparé à ce qui se fait ici, et
en raison du niveau d'exigence requis.
La mer vénézuélienne n'est pas celle des côtes bretonnes. Elle est paisible.
Un bateau aux éléments assemblés "à peu près" peut y vivre un bon bout
de temps.
Mais Karrek Ven demande, lui, un parfait assemblage de toutes les pièces
entre elles.
Et puis, c'est le midi, on a le temps...
Enfin, les fêtes (religieuses, nationales, locales, corporatives même)
viennent régulièrement interrompre l'ouvrage. On les attend, ne faisant
plus grand chose les jours qui précèdent, puis on débraye.
Les dimanches ont le même effet : le travail effectif s'arrête dès
le vendredi après-midi.
Cette semaine n'a eu que 3 jours de travail et depuis 15 jours le rythme
est ralenti.
C'est pour avoir un effectif plus important et des personnes plus habituées
à un rythme de travail plus "professionnel" que nous continuons a demander
un ou deux charpentiers de marine étrangers au pays.
(Voir
conditions).
Etat des comptes (au jour de votre connexion):

Heureuse nouvelle pour cette semaine du 9 avril: la courbe verte a repris
le dessus !
Plusieurs dons l'ont permis cette semaine, dont ceux de tontons d'Amérique
de Karrek Ven que le bateau remercie vivement. Il faut continuer.
L'achat du bois a été suspendu pour cause de Semaine Sainte mais nous
l'effectuerons dès que possible.
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