Journal illustré
de la restauration

16 juillet 2004
- n°47 -

 

 

 

Vers l'arc en ciel

Le ciel s'était chargé, noir, zébré d'éclairs violents.
Mais il n'y eut pas de déluge.
Alors qu'allait se coucher le soleil, un arc-en-ciel splendide, entier, se dessina derrière Karrek Ven.
C'était hier soir.
Image, reflet presque de ce que vit en ce moment le bateau.

L'orage

Cette semaine, les ennuis ont plu sur le bateau.

L'ultime et 42ème varangue est difficile à mettre en place dans un espace réduit où convergent les bauquières des deux côtés, les contre-bauquières, les sous-bauquières, les dernières jambettes du pavois, et où l'espace est déjà encombré par la courbe de l'allonge de voûte et diverses pièces de remplissage.
La disposition d'origine a disparu à la suite de diverses interventions au cours des temps. Impossible donc de reconstruire en copiant.
Comment s'y prendre ?
Aucun bateau d'ici n'a ce type d'arrière, inconnu de nos charpentiers.
A l'avant, des membrures, taillées depuis un certain temps, s'avèrent trop courtes d'1 à 2 mm. C'est peu mais quand cela se trouve en bas, on ne peut plus y fixer correctement le "bordé de galbord" (les planches au long de la quille), si important pour l'étanchéité et la solidité du bateau.
Que s'est-il passé ?
Faut-il refaire les membrures ? Mais nous avons épuisé ce bois.
La première pièce de bois pour l'étrave s'était fendue.
La seconde, le bel arbre, nous a fait attendre pendant 6 mois pour enfin se révéler pourrie à coeur.
Nous avons alors trouvé un autre arbre, bien sain.
Nous venons d'en couper le tronc à la longueur voulue, avons dégagé l'écorce et des branches autour, poursuivis par un essaim furieux d'énormes guêpes qu'il fallut d'urgence enfumer.
Le tronc commençait à prendre feu quand un déluge tropical nous tomba dessus...
Le calme revenu, l'affreuse réalité se révéla : une courbure trop accentuée du tronc y fait une grande encoche.
Noire semaine.
Enfin, coup de tonnerre qui gronde depuis quelques semaines dans ce ciel chargé, notre pouvoir d'achat a chuté.
L'inflation s'accélère.
Le bois, le fer, ont triplé de prix. Les salaires ont presque doublé. Et le contrôle des changes a bloqué le jeu des devises qui ne suivent pas.
On achète donc cher, avec une monnaie à présent dépréciée.
Notre budget, comme on peut le voir sur la courbe, s'effondre.

L'arc en ciel

On ne peut pourtant plus arrêter cette restauration.
Nous y sommes trop avancés, ce serait stupide.
Nous nous sommes donc fait un grand sourire intérieur.
Ce fut comme un soleil. L'arc-en-ciel apparut : toutes ces misères peuvent être réduites, voire effacées.
Nous avons d'abord vérifié la verticalité du bateau , et l'horizontalité du pont : savoir si rien n'avait joué.

Notre petite mascotte boule-de-billard surveille l'opération au fil à plomb (nous l'avons sauvée des eaux où elle dérivait, dimanche dernier).
Karrek Ven penche sur bâbord, de 2 cm. C'est peu.
Récompense pour avoir sans cesse veillé à conserver la forme, avec étais, tendeurs divers. Nous le redresserons quand même.
L'arrière. Faute de modèle, nous nous sommes inspirés de l'assemblage de l'avant, solide et beau à la fois.

En 6, l'étrave. Sous le pont, faisant la liaison pont-étrave, la pièce 1. Elle est soutenue par la pièce 2 qui assure la liaison avec la préceinte (les deux planches épaisses vertes de la partie supérieure de la coque). On voit les gros boulons qui partent de chaque côté vers la coque, passant à travers la serre bauquière (cachée ici par la contre-bauquière - 3). En 4 et 5, les deux sous-bauquières. Sous le pont, une pièce de bois (7), calée entre la pièce 1 et le premier barrot de pont (les "poutres" du pont) bloque le tout, empêchant d'éventuels mouvements de l'étrave vers l'arrière.

C'est ce modèle que nous avons repris, l'adaptant à l'arrière.
La photo est faite de l'extérieur, sur le côté.
Sur l'allonge de voûte (1 - équivalent de l'étrave à l'avant), une première pièce a été posée (2),transversale, collée au pont (équivalent de la pièce 1 de l'avant). La varangue (3) vient la soutenir en même temps qu'elle chevauche l'allonge. C'est l'équivalent de la pièce 2 de l'avant. Les trois pièces seront assemblées avec une longue cheville verticale à bout perdu. De plus, des boulons, horizontaux et obliques, lieront la pièce du haut et l'allonge, la varangue, des "remplis" (qui n'apparaissent pas encore sur cette photo) et la préceinte. Le rôle de la pièce 7 de l'avant sera tenu par deux grosses équerres de bois horizontales, unissant la varangue, les serres et la préceinte. Elles aussi, comme la pièce 7, se bloquent sur le dernier barrot de pont. Nous en verrons la réalisation dans le prochain numéro. Quant à l'étrave, nous allons nous arranger avec ce que nous avons. Ce bois en vaut la peine, il est splendide, et l'idéal paraît bien difficile et long à atteindre, là !
Reste le budget.
Chapitre spécial.

Un trésor

Pour les Indiens, l'or était un métal surprenant car il ne s'oxydait pas et restait lumineux. Ils en firent donc des objets pour honorer les dieux.
Pour les Occidentaux, pas de trésor sans or.
Mais, pour constituer le trésor qui permettra à Karrek Ven de terminer sa renaissance, nous nous tournerons encore vers l'arc-en-ciel. C'est ici celui des bons génies. Les bienfaiteurs mythiques indiens peuvent prendre l'aspect de l'arc-en-ciel.
Son apparition, l'autre soir, dans notre ciel chargé, nous a paru comme un sourire réassurant.
Il manque environ 30 000 €uros pour permettre à Karrek Ven de retrouver les flots. L'arc-en-ciel qui l'y conduira, les bons génies, c'est vous.
Seuls ou en vous groupant, choisissez votre couleur dans la liste ci-dessous, et participez à ce dernier coup d'entraide.
Notre promesse de vous permettre de naviguer ensuite sur ce bateau n'est pas vaine. C'est avec joie que nous vous accueillerons sur cette coque fameuse que vous aurez aidé à faire revivre.
La liste ci-dessous est celle de première urgence.
Elle aura une suite prochainement.
Les résultats apparaîtront ici chaque semaine, par un arc-en-ciel apparaissant de plus en plus nettement derrière le bateau qu'on verra progresser, en même temps que disparaîtront de la liste les chapitres ainsi couverts.
(Les sommes sont en Euros)



Etrave, celle qui fendra les eaux : 458 €
Préceinte (les deux premières planches vertes au dessus des membrures. C'est la ceinture, forte, du bateau) : 630 €
Bordé de coque sous ces préceintes (un joli petit stock d'amaranthe bien séché qui ne bougera pas, malgré le soleil, que nous avons déniché dans un atelier) : 1250 €
Lisse de pavois (la planche horizontale, épaisse, au dessus du bastingage, terminant le bateau): 250 € à babord, et autant à tribord.
Plat bord (ici sous la ligne jaune, la planche épaisse, horizontale aussi, qui unit la coque et le pont) : 125 € pour babord, et autant pour tribord (nous ne le changeons que partiellement).
Barrots de pont (ce qui ferme la coque par le haut, prolongeant horizontalement les membrures, et soutenant le pont (l'équivalent des poutres du toît) : 600 €
Bordé de galbord (bordé inférieur) : 187 € à babord, et autant à tribord.
Nous avons déjà toutes les autres planches pour border la coque (9,45 m3 - rappelons que le bateau a déjà utilisé environ 40 m3 de bois).

Le parage de la coque a repris, on se prépare fébrilement au bordage.
Ajoutons encore :
Une semaine d'ouvriers : 660 €
Il en reste une quinzaine à assurer avant la remise à l'eau.
Mois de séjour en chantier (la location de l'actuelle résidence de Karrek Ven) : 860 €
Il en reste 3 à 4 à assurer.
Les couleurs vont du violet (jusqu'à 200 €) au rouge (plus de 1000 €), passant par l'indigo (201 à 300 €), le bleu (301 à 400 €), le vert (400 à 550 €), le jaune (551 à 700 €), et l'orange. (701 à 1000 €).

Les chèques sont à envoyer à :
La Société des Amis et Marins du Karrek Ven
SAMKV
c/o Matthieu Durafour
Le Bourg
71740 Châteauneuf


On peut aussi faire un virement directement au compte par internet :

SAMKV
n° de compte: 68167105001
clé rib : 14
code banque : 12906
code guichet : 00012
Crédit Agricole Brest Centre
36 Rue jean jaures
29200 Brest

Un chaton qui tient efficacement les rats à l'écart, Carbon ; et son nouveau compagnon, que les ouvriers du chantier ont baptisé Godzilla, le redoutable petit dinosaure aux grandes oreilles...

Encore une manifestation arc-en-ciel : les dons passent cette semaine la barre des 70 000 €.
Un retard de 3 semaines sur les dépenses, mais on peut inverser les positions... 

Pour participer à la restauration du Karrek Ven en faisant un don, cliquer ICI.


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