Journal illustré
de la restauration

21 janvier 2005
- n°74 -

 

 

 

Le bateau qui voulait retrouver la mer

Lundi, briefing de l'équipe pour l'encourager à accélérer le rythme.
Depuis, les machines ne cessent de tourner, les marteaux ou maillets de taper, les pots de peinture de défiler. Tous les chantiers du bord s'activent. La coque est à présent lissée complètement, peinte, et carénée au tiers.
On a retrouvé notre bateau !

Mais lui veut retourner à l'eau...
Patience. La mer n'est qu'à cent mètres mais pas mal de choses encore nous en séparent...

Chantier calfatage

Il a fallu là aussi préciser les lubies de ces français compliqués.
Réunion, discussions, démonstrations, vérifications fréquentes...
Il ne s'agit pas d'avoir une étoupe qui fiche le camp une fois en mer.
Or, dans ce bois très dur, bien ouvrir les lignes et calfater n'est pas plus facile qu'enfoncer les clous !

Une équipe de quatre jeunes français est venue prêter main forte à la restauration. Emmanuel s'occupe des courses et des repas, mais participe aussi au calfatage, ici avec l'ami Carlos.

Gregory et Sebastian eux aussi sont au calfatage.
Gregory (à droite) est un passionné de bateaux de bois, et du travail du bois en général. Sebastian (à gauche) s'essaye sous les conseils critiques de Maître José, expert calfat. Il y a encore Julien, venu tout frais d'une formation de charpentiers de marine, que nous verrons plus loin. Ceux-là connaissent nos exigences et veillent en même temps au bon travail de leurs compagnons vénézuéliens. Ils profitent aussi de leur séjour pour faire connaissance avec le pays.

Chantier pont

A l'avant, pose des grosses bittes qui tiennent le bout-dehors (mât de beaupré). Elles ont 3 m de long et sont en bois dur tropical, elles aussi (amarante). Leur pose terminée, le pont va enfin pouvoir retrouver sa couverture de planches.

Ces bordés de pont sont préparés par le reste de l'équipe : mise à même épaisseur, ponçage, biais de calfatage.

Chantiers intérieurs

Juan a fondu du goudron et le répand dans les fonds, sous le moteur : il n'a pas été possible de bien égaliser le ciment, là ; l'asphalte comble les trous et aide à l'imperméabilité. Nous utilisons beaucoup l'asphalte : sous les extrémités de pièces, pour protéger les boulons, pour imperméabiliser. En plus, c'est un produit bon marché. Il y en a 3 catégories : liquide (pour peindre - nous l'avons fait sur les fonds du bateau, avant de couler le ciment), pâteux (pour les trous de boulons ou les lits - parfois alors mélangé à de l'étoupe hachée, il remplace le blious de mastic), et solide (il est alors fondu au feu ; c'est celui que verse Juan, celui aussi que nous utiliserons sur l'étoupe du pont). Un autre chantier intérieur important est celui des planchers. Celui de la salle des machines est déjà bien avancé. Une fois fini, nous pourrons réinstaller celle-ci, indispensable pour la suite des travaux, lorsque Karrek Ven aura enfin retrouvé la mer !

Le point

Tandis que la construction se poursuit, et à un bon rythme, que Karrek Ven commence à humer l'air du large, un drame peut-être se prépare.
Les caisses sont vides, et si rien ne vient les remplir rapidement nous allons arrêter les travaux et licencier notre équipe.
Plus de dons depuis deux semaines.
La tombola, qui vraiment permettrait au bateau d'aller à l'eau si elle prenait bien, est au point mort. Pas de nouvelles de sponsors, malgré des contacts sympathiques qui nous font garder un peu d'espoir.
Nous conservons toute notre reconnaissance à ceux qui, parfois plusieurs fois même, ont apporté leur soutien financier à cet énorme travail. Mais nous regrettons que cette restauration, quelque 20 ou 30 fois moins chère que si elle avait eu lieu en France, de qualité identique, n'accroche pas davantage les amoureux de vieux gréements.
Celui-ci aurait disparu sans nos efforts depuis 17 mois. Or non seulement il est sauvé, mais tout le savoir-faire qui a présidé à sa construction d'origine est sauvegardé : dans ses bois mêmes, taillés et remis en place à l'identique, dans le travail, lui aussi quasi à l'identique, dans la quantité de notes, mesures, photos, croquis effectués, dans les 74 Journaux de la Restauration déjà parus, et dans les 18 heures de tournage déjà réalisées. Notre participation au Concours National "Marins et Mariniers des Côtes et Fleuves de France" en rendra compte. Cerise sur le gâteau, cette restauration qui fait l'admiration de tous ceux qui passent sur ce chantier du Venezuela ou y travaillent contribue au prestige de la France : le bateau est beau, et le fini du travail qui est demandé (et grandement obtenu) impressionne tout le monde.

Et voici notre 4e équipier, Julien. L'atelier de demi-coques continue à produire, pour la tombola et une vente éventuelle ultérieure. Comme la première, cette demi-coque est faite avec le bois de l'ancienne étrave de Karrek Ven.


(Lorsque vous passez le curseur sur l'image, vous obtenez la courbe de la toute dernière mise à jour...)

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