Les complexités de l'arrière

Cette image évoque bien la complexité de l'arrière du bateau. Complexité
de formes, courbes très prononcées, chevilles métalliques énormes...
L'équipe progresse avec lenteur, sans cesse retardée par des difficultés.
Nouveau type de varangues

Dans la partie arrière du bateau, il y a comme une quille en hauteur
soutenant toute la voûte, l'allonge de voûte.
Cette énorme pièce de bois, comme la quille, supporte des varangues, mais
aplaties et larges. De plus, à l'inverse de ce qui se passe pour la quille,
l'allonge de voûte n'est pas entaillée. Ce sont les varangues qui le sont,
pour la chevaucher.
1 : varangue
2 : béton coulé entre deux varangues. Ce n'est pas d'origine, et c'est
une erreur d'avoir coulé là du béton qui alourdit le bateau en hauteur.
Il a, de plus, mal adhéré à l'allonge, et de l'eau s'est infiltrée, abîmant
les chevilles plus qu'ailleurs : certaines ont leur diamètre réduit de
moitié à l'endroit des jonctions entre varangue et allonge de voûte, et
entre celle-ci et la courbe d'étambot, au dessous d'elle (voir schéma
dans le Journal n°18).
3 : début de l'allonge de voûte.
4 : longues chevilles de près d'un mètre, assemblant varangues, allonge
de voûte et courbe d'étambot. Elles sont enfoncées à bout perdu dans la
courbe d'étambot, de part et d'autre du passage de l'arbre d'hélice.
5 : serres.
6 : base du mât d'artimon.

Une des varangues d'artimon. On distingue, au dessous, l'encoche faite
pour chevaucher la courbe d'étambot. L'encoche perpendiculaire à la varangue
est seulement un enlèvement d'aujourd'hui, fait pour la retirer sans la
casser, de la cheville qui passait à cet endroit : cette varangue sert
de gabarit pour refaire la neuve.
Retirer les chevilles
C'est un long travail. On le fait pour ne pas laisser de fer rouillé
dans le bois.

C'est une fois de plus Juan, notre soudeur, qui conduit les opérations.
En haut de la poutre métallique verticale que l'on voit sur la photo,
il a soudé une plate-forme pour le cric.
Par ailleurs, il soude une cornière verticale à la partie de la
cheville qui dépasse.
Cet ensemble doit être au moins égal à la hauteur du cric.
Il coiffe la cornière d'un morceau de tôle plate que va pousser le cric
vers le haut, tirant ainsi la cheville. Il ajoute ensuite des renforts,
dont, sur l'autre côté du bateau, un tube oblique (on le voit sur la première
photo) qui va empêcher le cric de repousser son "chapeau" sur le côté.
Il faut pas mal de temps, et parfois d'essais, avant de parvenir au bon
assemblage. Mais une fois celui-ci construit, la cheville monte sans trop
d'efforts à chaque coup de cric. Après 60 ans d'ensevelissement, ce n'est
pas mal. C'est qu'il n'y a guère de rouille, presque uniquement de l'électrolyse.
Le rythme est de une à deux chevilles retirées par jour...
Dégager l'allonge de voute

De droite à gauche, l'allonge de voûte commence à bien apparaître. Elle
est soulignée ici en jaune. Dès son début (à droite) sortent le tube étambot
et l'arbre de l'hélice.
Les varangues viennent s'appuyer dessus. On voit encore deux blocs de
ciment à la base de varangues sur la droite, et deux autres à gauche.
Cette belle pièce n'est, heureusement, abîmée que dans sa partie supérieure
qui sera donc changée.

La base de cette allonge est entaillée, comme la quille, d'une "râblure",
grande encoche qui court tout le long du bateau, où se loge l'extrémité
ou le côté des bordés (les planches de la coque).
La râblure de l'allonge de voûte est donc suivie par celle d'étambot (verticale,
en avant du gouvernail), puis de quille (horizontale), et enfin d'étrave.
On en retire les vieux clous avec soin pour ne pas l'abîmer. Puis des
chevilles de bois seront enfoncées dans ces anciens trous.
Le point

Malgré les lenteurs de l'extraction des chevilles, César a pu placer
les éléments de 3 membrures qu'il avait préparés. D'autres sont prêtes.
Cette restauration de l'arrière est intéressante car variée, et que cette
partie du bateau en est la moins connue.
Elle se révèle au fur et à mesure qu'on en retire le vieux bordé et le
ciment.
Erratum : contrairement à l'annonce, la semaine dernière, de la découverte
d'une membrure supplémentaire, Karrek Ven n'a bien que 42 membrures au
total. L'erreur venait d'un glissement dans notre dessin qui donnait une
membrure de moins à l'arrière et une de plus au milieu.
Nous sommes toujours à la recherche d'un bon charpentier ou deux pour
travailler à reprendre toute la râblure du bateau, et pour procéder au
"parage" des membrures en place.
C'est un long et minutieux travail qui consiste à mettre toutes les membrures
à niveau afin de pouvoir y poser ensuite le bordé. César et son équipe
sont en effet pris par les membrures et les varangues, puis le seront
par l'étrave.

La verte continue à reprendre de l'avance. Un grand merci aux donateurs.
Mais ne laissez pas tomber le petit Karrek Ven, il s'attend, cette nouvelle
semaine, à de grosses dépenses en matériaux.
Un don royal qui le mette à l'abri des angoisses en l'assurant de ne pas
se faire rattraper par les frais serait plus que jamais nécessaire !
Depuis la mi-décembre il a perdu son relatif confort d'une avance de 5000
€uros.
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