Journal illustré
de la restauration

5 mars 2004
- n°28 -

 

 

 

Le bêtisier de Karrek Ven

Il en aura à raconter, ce bateau ! A commencer par quelques bêtises ou ratés inhérents à pareil travail. En voici à tenter d'éviter la prochaine fois...

On me déshabille et on ne me couvre pas... Je m'éclate ! Le bois d'un vieux bateau est imprégné d'eau. Sorti de la mer et mis à nu, il se fend rapidement et se perd. Les deux varangues ci-dessus ont 60 ans d'âge, deux soeurs jumelles.
On a retiré les planches qui les couvraient et le ciment qui les enrobait. La première a été tout de suite peinte. Elle ne présente que des fissures légères, sans gravité. Un peu de mastic, une autre couche de peinture, et elle traverse les mois de la restauration sans faire d'histoires. Sa soeur n'a pas été peinte. Elle s'est fendue en 2 ou 3 jours. Bonne à être changée...

Les angles, ah, les angles ! Un gabarit, c'est bien, c'est même indispensable si l'on veut gagner du temps en en perdant à le faire. Ces deux varangues appuient mal sur la quille, à leur base comme à leur extrémité. Elles en perdent de la force.
On rattrapera avec des petites cales (ils en avait ici et là à l'origine, mais on n'était pas obligés de pousser jusque là la reproduction à l'identique...) ; et le ciment coulé dans les fonds viendra faire un bloc de tout cela, mais ça manque d'élégance professionnelle.
Faudrait pas m'en faire trop, des comme ça !

Ca ne va pas mieux en haut de cette membrure ! Elle ne colle pas aux préceintes qui bordent le haut du bateau.
Ca, c'est beaucoup plus grave : pas de ciment, là, pour rattraper l'assemblage, et une cale de rattrapage se fendrait et tomberait.
Elle était belle, ma membrure, faite avec un beau gabarit (comme sur la première photo). Mais celui-ci n'indique qu'un plan, pas celui des angles longitudinaux.
Or, sur l'arrière et l'avant du bateau ces angles changent sans cesse. Des listons aident à les mesurer et reporter, mais les mesures doivent être parfaitement précises. Qu'on penche un peu la fausse équerre, et l'angle n'est plus le bon.
Enlevez-moi donc cette membrure !

Wilmer est perplexe. Didier a tracé de grands CAMB (pour cambiar : changer) sur plusieurs éléments de membrures...

Là ce n'est plus une affaire d'angle. Le gabarit a été mal pris, la courbure trop importante. Il a fallu ronger, ronger, pour ramener la membrure bedonnante au niveau des autres (ovale pointillé).
Du coup elle n'est plus assez épaisse. A cambiar... Et ces deux autres éléments qui s'arrêtent presque au même endroit... Ont-ils été tracés un vendredi soir après passage de la caisse de bière ?
On a là un point de faiblesse inacceptable. Tout est à retailler, avec un intervalle suffisant entre les extrémités des allonges qui permette de clouer entre eux les éléments avec au moins deux chevilles.

L'équipe de la restauration.
De gauche à droite, Didier et César, les connaisseurs du bois et des bateaux. Le marchand de jus de fruits du chantier... puis Louis-Miguel et Carlos, apprentis.
Carlos, comme son père Rafael (à l'extrême droite) construisent en ce moment un bateau. Quand ils termineront, ils se mettront à Karrek Ven.
John et Wilmer, ébénistes, s'initient à la charpenterie de marine. Fièrement planté, c'est Juan, travailleur du fer sur les bateaux de bois... Une aide inestimable. Il installe les membrures en équipe avec Louis-Miguel.
Autour de lui, deux en vélo et un à pied, ce sont trois nouveaux aides : Francisco, toujours à rire, David, appliqué à des tâches solitaires de peinture surtout, et Carlos, qui fait, avec Wilmer, une sérieuse équipe. Francisco est avec John.
Avant dernier du groupe, en arrière, Junior, qui trace et coupe les membrures avec César, son père.
Didier est maintenant reparti, bien apprécié de chacun.
Tout ce monde est très occupé, mais il y aurait encore bien du travail pour d'autres !

Le point

Semaines anti-bêtises, tant la huitaine passée que celle qui se présente. On refait, on corrige... Cela permet d'attendre utilement que la lune décroissante nous apporte la pièce d'étrave !

La rouge poursuit son ascension car les dépenses sont demeurées fortes cette semaine, suite au règlement du séjour sur le chantier, assuré jusqu'à fin mars. Il y a aussi maintenant 9 personnes à payer au lieu des 5 antérieures.
Mais la verte ne se laisse pas faire ! Dopée par un apport généreux, elle a repris une pente intéressante. Des promesses de dons nouvelles viennent aussi à la rescousse.
Que nous apportera la semaine à venir ? Il demeure important de trouver, en plus de nos amis donateurs habituels qui ont déjà permis tout ce travail, deux ou trois gros donateurs. Pour aider, cliquer ICI.


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