La gazette du Chantier
Pour vos vacances ou pour vous aider à supporter celles des autres si
vous n'y êtes pas, le journal de cette semaine se présente comme une gazette.
En première page, l'opération ARC-EN-CIEL.

On le voit, l'arc-en-ciel !
Regardez bien...
Il est encore pâle, à la hauteur des dons de la semaine.
Mais il apparaît, Karrek Ven a reçu cette semaine un don et une promesse
de don.
De quoi payer le bordé de galbord d'un côté, et la réparation du plat-bord
sur un côté aussi.
"Merci, merci ! murmure Karrek. Je vais pouvoir commencer à me vêtir.
J'en ai assez des courants d'air, avec toutes mes membrures à l'air !"
Le 7e, et probablement avant-dernier chargement de bois devrait arriver
cette semaine.
Dimanche 18 juillet, La Communauté Perdue.
Hervé, du voilier "La paix Royale", Antoine et Sébastian, stagiaires
à bord de Karrek Ven, ont remonté le rio Brito, près d'ici, pour découvrir
une "communauté d'Américains".
Plus de problèmes de groupe, la communauté s'est peu à peu réduite à un
individu, presque un ermite !
Découverte de cette nature splendide, aux portes même de la ville de Cumana.
Lundi 19, Le troisième tronc.

Au bord du rio Manzanares qui arrose Cumana, Hervé et Sébastian ont repris
leur équarrissage du 3e candidat à l'étrave de Karrek Ven.
Le bois est beau, sans défaut, dur à travailler.
Hervé à la tronçonneuse l'entaille en lignes parallèles.
La machine peine, s'échauffe,il faut sans cesse la réparer.
Sébastian fait sauter les morceaux entaillés, à la grande herminette,
les mains bientôt pleines d'ampoules. Les morceaux que l'on jette dans
de l'eau, coulent à pic tant ils sont denses. Il aura fallu 10 jours de
travail pour dégager un plan qui permette de bien positionner le gabarit.
Nos premières craintes d'un étranglement du tronc, s'apaisent. A part
quelques petits manques faciles à combler, Karrek Ven aura finalement
là une splendide étrave.

Reste à obtenir la "guia", le permis d'exploiter et de transporter ce
tronc.
Pas facile de faire vite, là...
La famille du propriétaire s'active à l'obtenir. (Sur la photo, Hervé,
deux des trois filles de la maison, et le patron, qui a quitté la ville
pour vivre plus tranquille près du fleuve).
Mardi 20, Le pont avant s'effondre !
Les bauquières qui soutiennent les poutres du pont ne sont plus accrochées
sur rien. Elles cèdent peu à peu et, sous le poids du guindeau, le pont
s'effondre.
Alerte, il est 5 à 6 cm trop bas !
Mobilisation pour le remonter à sa place au cric, et bien l'étayer.
Ces bauquières inutiles sont alors retirées, et les neuves mises à l'étude.
C'est le dernier tronçon de serres bauquières qui restait à faire.
Wilson, quatrième charpentier de l'équipe se présente à l'embauche.
On le met au parage final des membrures.
Mercredi 21, Ultime vérification.
Le massif arrière paraissait bon. Nous l'avons donc conservé. Mais sous
le grand "L" de tôle renforçant la quille sous le gouvernail, ne se serait-il
pas glissé de vilaines bêtes ?
Nous n'allons pas avoir un bateau neuf avec un morceau douteux !
La tôle est donc retirée. Le gouvernail même sera déposé, opération complexe
!
Pour sortir le pieds du gouvernail de son logement, il faut soulever le
tout, jusqu'à la boite de gros engrenages au dessus du pont. Mais l'arbre
de la barre empêche ce mouvement vers le haut ! Comment faire ?
Nous nous lançons follement dans de grands projets de démontage... Et
puis le bon sens nous revient : il doit y avoir "un truc".
Nous réfléchissons, fouillons, examinons, et finalement retirons les tiroirs
de cartes de la timonerie qui cachent cet arbre.
Bravo ! une liaison à cardan apparaît, qui ne demande qu'à libérer l'axe.
Ouf ! On s'attaque ensuite à la grande toilette de cette grosse boite
d'engrenages.

En bas, quelques endroits sont attaqués.
Rien de grave, on peut les réparer.
Dans cette opération, une grosse cheville de un pouce apparaît, liant
horizontalement la pièce d'étambot au reste de la coque. Découverte intéressante
pour le plan de boulonnage de Karrek Ven que nous établissons peu à peu.
L'extrémité de la cheville part en gerbes d'éteincelles sous la machine
de Carlos, pour permettre de poser une pièce de bois sain.
Jeudi 22, De la bonne eau !

Avec une patience infinie et une constance remarquable, Frangel, dernière
recrue de l'équipe, nettoie les deux réservoirs à eau de 1000 litres du
bateau et les prépare pour une cure de rajeunissement. La fibre pique,
il faut se couvrir presque tout le corps malgré la grosse chaleur de cette
période cyclonique.
Vendredi 23, La paye.
L'équipe de César comprend maintenant 14 personnes.
Enfin le travail avance.
- 4 charpentiers de marine, tous ayant autrefois travaillé avec lui et
le remarquable maître-charpentier et professeur Aldo, mort après 3 mois
de travail sur Karrek Ven.
- 1 soudeur et travailleur du fer,
- 3 ouvriers qualifiés
- et 6 aides-apprentis.
Les salaires locaux ne permettent guère de faire des économies pour les
coups durs. Ils sont couverts par des "prêts Karrek Ven", sans intérêt,
remboursables peu à peu chaque semaine sur la paye. Les pluies ont frappé
dur cette semaine. Il a fallu prêter pour refaire des toits, des murs,
et même dans un cas pour s'installer ailleurs.
Le point.
Cette semaine, les derniers boulons et chevilles partent à la galvanisation.
Cela permettra de terminer le chevillage de la structure.
Cette semaine encore, le bois arrivera, permettant de démarrer le bordage
de la coque.

Tout marche bien, la seule ombre étant la finance...
Voyez l'annonce de l'Opération Arc-en-ciel du numéro
47 et aidez-nous vite !

(Lorsque vous passez le curseur sur l'image, vous obtenez
la courbe de la toute dernière mise à jour...)
Pour participer à la restauration du Karrek Ven en faisant un
don, cliquer ICI.
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