Le bois qui rétrécit !
Une lutte contre la montre est engagée.
La saison sèche a mis longtemps à s'établir cette année et ne durera plus
guère, mais le bois sèche vite, trop vite.
Tout est donc mis en oeuvre pour bientôt retourner à l'eau et empêcher
ce séchage rapide.

D'abord, éviter le retrait signalé dans le Journal 83. Nous faisons pour
cela sécher à l'air et sans trop de soleil les planches qui serviront
au bastingage.
Chaque soir il faut rentrer cette forêt pour ne pas se la faire voler,
et la replanter chaque matin, en gardant toujours la même extrémité en
l'air pour la descente de la sève.

Protéger ce qui est posé et cloué.
Le pont est dans ce cas. Julien lui passe de l'huile de lin pour ralentir
l'évaporation. Les autres faces sont peintes.

Carlos calfate ce pont. Nous commençons en effet à stocker du matériel
dessous, et s'il pleuvait tout serait trempé. Cela permettra aussi de
fixer le guindeau à sa place. La même étoupe hollandaise que pour la coque
est utilisée, enfoncée sur un fil de chanvre goudronné ("caret", ou "bitord"
selon sa grosseur).

A l'intérieur, on installe les cloisons nécessaires au premier fonctionnement
du bateau (permettant pas ex. d'accrocher les filtres du moteur, sa bouteille
de démarrage).
Ici la double du cloison séparant la salle des machines du carré. Elle
est faite de deux épaisseurs de bois séparées par un vide pour assurer
une meilleur isolation phonique. Comme nous ne retoucherons pas cette
cloison compliquée, nous la construisons en récupérant les vieilles planches
de pin du pont.
Elles ont séché 10 ans au soleil et à la mer, et ne joueront plus !
Une fois vernies elles auront même pas mal de caractère.

Voici la même cloison à côté de son escalier, de l'ancien Karrek celle-ci.
La aussi les planches étaient de pin. Cette descente au carré était agrémentée
de divers vieux objets de marine, dont un ancien canon de bastingage.

Commence le perçage des grandes pièces de bois le long de l'étrave, pour
le passage de la chaîne de mouillage. Wilson étudie la vieille pièce,
relevant les cotes et l'emplacement de l'écubier, ce fort tube de fonte
où coulisse la chaîne.

Un petit clin d'oeil.
Voici cet écubier même, en place sur l'ancien Karrek Ven (indiqué par
la flèche jaune). Clin d'oeil car cette photo fut prise sur le chantier
au début de septembre 2003, quand nous commencions la restauration, il
y a donc 19 mois...
Nous n'imaginions pas alors le travail gigantesque qui nous attendait !
Ces premiers bordés retirés révélaient des membrures trop fatiguées pour
être conservées. Nous espérions quand même en sauver quelques unes.
Le bas de celles de l'arrière, effectivement, étaient encore bonnes. Mais
lorsque nous en eûmes changé les éléments supérieurs... elles avaient
un petit air souffreteux.
Et puisqu'on y était...
Le point
Une discussion avec l'équipe a montré la complexité dans laquelle nous
sommes rendus. Imaginez passer des grosses branches d'un arbre à la multitude
de petits rameaux de sa couronne...
Néanmoins, nous allons tenter un coup d'accélérateur, pour se préserver
du séchage rapide, et mettre un terme à cette belle mais bien longue restauration
de chantier. Nous en reparlerons.
Pas de modifications importantes sur les objectifs de la semaine dernière,
réglés par les phases "mikado".
Lire une nouvelle page du courrier : L'embarquement, c'est quand ?

(Lorsque vous passez le curseur sur l'image, vous obtenez la courbe de
la toute dernière mise à jour...)
Semaine peu dépensière.
Heureusement, car les dons font défaut...
Karrek Ven a besoin d'un apport d'argent plus important que d'habitude
: 7000 €uros à payer dans les 15 jours qui viennent, et 8000
pour qu'il retourne à l'eau ensuite.
Ils s'agit en effet, en plus des frais habituels, de régler les dettes
de matériaux, de séjour en chantier, et les indemnités de fin de chantier
des travailleurs.
Un effort à fournir, mais le bon : à l'inverse des arrivées après
longues traversées, la vigie crie :"Mer en Vue !"
Renseignements sur le site de la Société des Amis et Marins du Karrek
Ven (SamKV). http://sam.kv.free.fr/
Pour aider Karrek Ven, Cliquer ici.
N'hésitez pas à prendre contact
avec nous pour nous suggérer d'autres solutions constructives et
qui vous conviendraient mieux.
Merci...
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