Journal illustré
de la restauration

12 septembre 2003
- n°3 -

 

 

La révélation des fonds

La casse continue

Le bateau est toujours vivant, dressé fièrement sur son aire de travail, sa table d'opération... L'attaque est sérieuse : de dehors comme de dedans, on casse et on démonte. Qui reconnaîtrait aujourd'hui, le grand carré, son coin radio, son labo photo...
Manuel en achève la destruction, pressé par les charpentiers qui veulent tout dégager pour libérer les membrures ("côtes" du bateau) à changer.

 

Semaine béton


Un cric, disposé sous la coque entre deux membrures soulève le béton coulé là comme lest, jusqu'à ce que... crac ! il se casse.


Des boulons traversent parfois ces blocs. Il faut alors les attaquer à la masse et au burin.


Contrairement à une opinion répandue, le béton n'abîme pas le bois auquel il peut adhérer très fortement. Aldo, le maître charpentier, a eu l'idée de décoller avec des coins de bois la contre-quille, ou carlingue, qui coiffait ces blocs.
Plusieurs tonnes sont ainsi déjà tombées, qu'il faudra comptabiliser pour remettre plus tard un lest équivalent.

La colonne vertébrale


Quille par dessous et carlingue par dessus à l'intérieur, emprisonnent en sandwitch les varangues, ces "vertèbres" du bateau qui relient les "côtes" entre elles d'un bord à l'autre.


Cette structure, cachée en temps normal, apparaît au jour pour la première fois depuis sa construction, il y a 60 ans. Elles sont magnifiques, solides, intègres. Du bon chêne que nous n'aurons donc pas à remplacer. La technique de construction se révèle. Nous en prenons note et filmons.
A part quelques petites écorchures, la quille et la carlingues sont aussi en bon état. Elles resteront donc en place. Les planches de cette partie de la coque aussi étaient bonnes, mais il a fallu les enlever pour accéder aux membrures à changer.


De l'intérieur, la carlingue et les membrures plongeant sur la quille composent comme une grande arrête de poisson.

Le point

Si le nouveau bois était arrivé, des membrures seraient déjà refaites, mais les pluies ont empêché cette semaine les camions qui viennent des rives de l'Orénoque de circuler. Les charpentiers ont donc reporté leurs efforts sur la suite du démontage de la coque. A l'issue de cette 3e semaine, la moitié du bateau est "dépiautée", et le ciment retiré entre le quart des membrures.


Le Karrekvenéthon reprend bien: des promesses de don se concrétisent, et de nouveaux dons sont arrivés ou annoncés. La caisse vient d'atteindre ainsi 16 000 euros, et nous avons reçu trois promesses cette semaine, dont deux nouvelles. Ce n'est pas gigantesque, mais ça se construit. Nous finançons déjà, avec cela, la sortie et la remise à l'eau du bateau, la main d'oeuvre de la restauration, et une partie du bois.
Que la boule de neige continue à grossir et le vieux thonier breton sera sauvé. Les bois choisis sont de très haute qualité. A la fin de cette année ou au début de l'année prochaine, Karrek Ven regagnera la mer, paré côté coque pour un nouveau demi-siècle au moins.

Consulter les journaux précédents: n°1- n°2

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