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On cale !
Le bois nouveau est arrivéOui, nous avons déjà célébré d'autres arrivages de bois, mais c'est un
grand événement de la restauration ! Ces plateaux de 4 à 5 m de long par 35 cm de large en moyenne et 10 d'épaisseur pèsent 150 à 200 kg chacun. Il y en a une trentaine à décharger, à bras d'homme... Sur le camion on leur glisse par dessous un tube de métal pour les faire rouler jusqu'à avoir une extrémité posée sur la pile des bois déjà à terre. Puis six paires de bras les attrapent. Brusquement on soulève un peu pour dégager du camion et l'on abaisse jusqu'au niveau de la ceinture. C'est le moment le plus dur. Enfin, on pousse cette grosse planche jusqu'à sa place sur l'empilement. Les extrémités sont alors peintes pour éviter qu'elles ne se fendent en séchant trop vite. On mesure...Après ce séjour de bientôt 4 mois à terre et le transport qu'il venait de subir, Karrek Ven était peut-être en train de perdre ses formes. Avant de continuer à le reconstruire, il était bon de vérifier cela.
Là nous avons mesuré, sur les deux bords, la HAUTEUR entre le pont (plat-bord)
et le gros nylon, puis la distance entre la quille et l'aplomb du fil
à plomb de la mesure précédente (c'est à dire la LARGEUR du bateau à cet
endroit). De plus, à l'avant où le pont est resté horizontal, la même dissymétrie apparaît : Karrek ven est plus large à droite qu'à gauche ! La proue, quant à elle, penche sur tribord, mais il semble que cela soit dû à des déformations de l'étrave qui, en séchant faute de protection, s'est ouverte en plusieurs endroits. Que conclure ?On ne sait pas encore bien. Nous allons faire d'autres mesures et réfléchir
à partir de là. Il faut tenter de bien comprendre l'ensemble de ces déformations,
pas énormes mais dont il serait plus satisfaisant de se défaire. ... et on caleEn attendant de redresser éventuellement au cric, on cale solidement Karrek Ven, comme un bateau en construction. Les poutres qui ont servi aux croix pour bloquer la structure dans le transport sont utilisées à l'extérieur, maintenant. EtuveL'étuvage des pièces à courber ne se fait pas, ici. Nous avons profité de la construction que nous supervisons dans "notre" menuiserie d'un joli petit bateau classique vénézuélien pour fabriquer une étuve pour ployer ses membrures. Réticences locales, mais aussi curiosité. Une caisse à la taille des bois à ployer, fermée par une porte qui laisse échapper l'excès de vapeur. Celle-ci est fournie par un fût de 200 litres chauffé par les vieux bois de Karrek Ven. Les membrures, de 3 cm d'épaisseur, sont maintenues 3 h à la vapeur. Les premiers essais, après quelques ruptures, sont prometteurs. Divers bois durs, tropicaux, sont à l'essai. Si Karrek en a besoin pour border la coque, il faudra une très grande étuve ! Le pointLe bateau est maintenant à une place stable sur le chantier, nous avons un bons stock de bois, un travail sérieux a redémarré. Nous attendons l'arrivée, peut-être imminente, d'une grosse pièce en forme (bois tors) pour l'étrave. En attendant, nous avons attaqué les membrures de l'arrière du bateau. Après réflexions et échanges, nous avons renoncé à l'acier inoxidable pour les grands boulons de quille et de lest : l'attaque principale n'est pas de rouille, à cet endroit, mais d'électrolyse. Or l'inox y est aussi sensible que le fer galvanisé. Son prix étant très élevé, nous économiserons plusieurs milliers d'euros en y renonçant. Les anciens boulons, galvanisés, ne sont guère attaqués que sur un tiers de leur épaisseur à la liaison entre les pièces, après 60 ans de service ! Mais il faut s'assurer d'une bonne galvanisation, à chaud.
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