Journal illustré
de la restauration

18 mars 2005
- n°82 -

 

 

 

L'avenir... sous le pont

Sous le pont du navire qui continue de gagner quelques planches chaque jour, le futur se dessine à travers les épontilles et les passe-coques !
Impossible d'installer au hasard les épontilles du pont, ni de percer la coque sans savoir pour quel usage.

Ces beaux barrots de 6 m de portée ne peuvent garder leur cintre (le "bouge") sans quelques épontilles disposées en des points stratégiques. Tandis que Wilson et Alfredo terminent de poser l'épais plat-bord, José installe le bordé de pont. Tâche moins aisée qu'il n'y paraît :
- Il faut bien les serrer l'une contre l'autre. Pour cela José coince des pièces de bois (en rouge sur la photo, entre les planches et le bord du pont).
- Les bordés de pont neufs doivent arriver en face des anciens qui demeurent sous la timonerie et autour. Or, suite à une erreur de la scierie, les nouvelles planches ont 2 à 3 mm de moins que les anciennes...

Une vue de la situation vers l'avant.
Le guindeau est à sa place mais pas encore installé. Voilà un endroit où ils faut des épontilles ! Et sans perturber les futures installations de l'avant. C'est fait.
Le plat bord est ici terminé, et les jambettes à poste.
Au moment de mettre en ligne ce journal, le plat-bord est entièrement posé.

Ce sont Alfredo et Wilson qui s'y sont employés.
Travail demandant pas mal de précision, de coup d'oeil. Wilson vérifie ici que ce plat-bord "file bien". C'est lui qui donne sa ligne au bateau.

Le squelette du nouveau roof de descente est en place. On va pouvoir couper les deux premiers barrots en haut pour permettre l'entrée et poser un capot à glissière. Il a été posé sur un lit de bitume pour éviter les entrées d'eau. Nous ne le borderons pas tout de suite, afin de laisser aux planches le temps du premier séchage, celui qui provoque le plus de retrait. Le plancher que nous avons posé dans le carré et à l'avant a déjà rétréci. Avant d'y faire les installations définitives, nous devrons en resserrer les planches. Heureusement, nous avons choisi de les visser, non de clouer.

Le nouveau Karrek Ven comporte les 4 mêmes divisions internes que celui de la pêche. Voici ce dernier dessiné de mémoire par Maurice Drévillon, son patron de 1961 à 1965, et communiqué par son fils Jean-Pierre. (Ouvrez le Courrier, "Fils de Karrek Ven", et cliquez sur l'image pour voir l'équipage de cette époque).
Nous refaisons, comme sur ce plan, la chambre arrière, pour le capitaine et une partie de l'équipage (1 de la photo ci-dessous), le compartiment moteur, ou salle des machines (2 ci-dessous), la cale à poissons (ensemble 3 ci-dessous), et la chambre avant (4). La chambre avant actuelle aura la même taille que l'ancienne, mais la chambre arrière actuelle est plus petite, en raison de l'extention de la salle des machines/atelier.

En vert, les rangements. En bistre, les tables, sièges et plans de travail. En jaune, les bibliothèques principales. En rouge, les échelles ou escaliers de descente. C'est à présent que nous retrouvons passe-coques et épontilles. A l'avant (4), les épontilles sont sous le guideau, de part et d'autre du chiffre 4 ici, fermant l'angle des semi-cloisons des couchettes avant. Celles-ci ne sont pas doubles, comme à l'origine, mais simplement superposées. L'échelle de descente (voir photo suivante), en rouge ici, sert d'épontille au roof de descente. La cloison de séparation d'avec le carré constitue un support du pont sur toute la longueur du barrot derrière le grand mât. Trois passe-coques servent aux entrées et sorties d'eau des toilettes et de la douche (14). Cette "chambre avant" comportera trois ensembles de deux couchettes, semi-closes à la bretonne, assurant une certaine intimité, sans pour autant fragmenter l'espace en petits éléments. La chambre garde son unité. Tout à l'avant, la forte cloison obligatoire dite d'abordage. Au milieu du bateau, l'ancienne cale à poissons est le lieu de vie central (3). Une grande table de chêne (5) devant la bibliothèque principale, entourée de banquettes suffisantes pour dormir. Entre les deux bancs, une épontille. Le poste "médias et communications" (6), suffisant pour recevoir trois ordinateurs avec de bons écrans, un bon moniteur vidéo. La cuisine (7) ouvre sur le carré, permettant à ceux qui s'y activent de ne pas être hors de la vie éventuelle de celui-ci. De gauche à droite, un petit congélateur, la gazinière, les éviers, et, en face, un plan de travail/desserte/bar à l'occasion... L'angle à droite et vers le "3" comporte une autre épontille, permettant aussi de se tenir dans le roulis. Deux passe-coques apportent de l'eau de mer et emportent l'eau sale. Trois autres passe-coques servent au petit bloc sanitaire (14). En pleine mer, les eaux usées sont rejetées du bateau. Dans les ports ou petits mouillages, elles sont envoyées dans des caisses prévues à cet effet. Le grand roof de la 4e photo débouche dans cet espace par l'escalier en rouge. Entre la salle des machines (2) et cet espace de vie, une forte cloison étanche au bruit et à l'incendie servira en même temps de soutien transversal au pont. Ici les épontilles se combineront avec les supports des réservoirs de gazole (10) et d'eau douce (11). Trois passe-coques pour le moteur (13) et sa pompe de cale, deux pour le générateur (12). Reste à penser le système grosse pompe de cale/arrosage du pont. En 8, l'établi, en 9 les importants rangements de machines et pièces diverses. Une autre cloison étanche au bruit et au feu sépare la salle des machines de la chambre arrière (1) et sert de support au pont sous la timonerie. Bien que résidence du capitaine, c'est la plus modeste en raison du peu d'espace en cet endroit. Une échelle de descente permet la communication directe avec la timonerie, au dessus, comme dans le Karrek Ven d'origine. On comprend pourquoi il fallait établir ces plans avant de pouvoir situer les épontilles et les passages de coque. Le bois encore vert des barrots ne pouvait attendre ces supports sans risquer de fléchir, et la coque doit recevoir tous ses passages d'eau fermés d'une vanne, avant de retrouver la mer, bien sûr !

Junior et Carlos installent la solide descente du poste avant. Ses montants servent d'épontilles. Un système de bascule est prévu pour avoir accès à la trappe sur laquelle elle repose. Elle n'est pas tout à fait verticale de façon çà faciliter la descente, mais s'arrête à l'ouverture de la trappe du coffre de chaîne d'ancre. A l'avant on voit en sombre les deux épontilles formant angle avec les couchettes. Toutes les épontilles du bateau reposent sur un plancher, mais sont épontillées à leur tour par dessous jusqu'au lest de ciment. De l'asphalte en protège la base. Au premier plan, on aperçoit une épontille de forme particulière, contre le mât. Elle soutient l'étambrai, le renfort du passage du mât à travers le pont. Karrek Ven était solide à sa construction, peut-être un peu trop massif même, mais il avait de dures conditions de navigation à prévoir. Le refaisant à l'identique, nous avons conservé le même échantillonnage, les mêmes principes.

Le point

Nous sommes déjà loin, avec les éléments exposés ci-dessus, de la simple restauration de la coque. Le travail est bien avancé, même si les aménagements ne sont encore que sur plan. Mais il reste toujours à terminer ou exécuter les travaux énumérés la semaine dernière avant de pouvoir retourner à l'eau.
Il y a tant de détails de construction à soigner qu'on pense souvent à un travail de fourmi ! Cela devient beaucoup pour un seul chef de travaux qui en même temps doit courir après les matériaux et pièces introuvables (les passe-coque, par exemple), les pièces détachées si rares de machines parfois vieilles et à présent fatiguées par 19 mois de restauration. On invente, on fait travailler tourneurs et bobineurs à des choses auxquelles ils ne sont pas habitués.
Vient en plus le courrier, de plus en plus abondant avec l'approche de la fin de la restauration, et la recherche intensive de crédits pour terminer. Il n'est pas rare de relever ces temps-ci une trentaine de messages, dont plusieurs demandent réponse. Et le travail au chantier change hélas de rythme lorsque le superviseur est ailleurs... Nous souhaitons pourtant plus que quiconque remettre vite à l'eau : les conditions de vie au chantier sont de plus en plus dures, les vols, voire attaques, plus fréquents, plus hardis, plus importants.
La propreté du large ne peut que nous attirer !
Chaque soir le soleil s'y couche dans des ors magnifiques.


(Lorsque vous passez le curseur sur l'image, vous obtenez la courbe de la toute dernière mise à jour...)

Montée record de la courbe rouge, cette semaine. Un ami nous a fait un prêt qui a permis de régler une partie de nos dettes de chantier et de bois.
Pas de don enregistré.
Rappelons que pour les dons, l'administration fiscale permet une réduction d'impôt consécutive de 60 % du don pour les entreprises et 66 % pour les particuliers, permettant de récupérer les 2/3 du don effectué. Pour les dons à la SamKV, cela sera possible dès accord de cette administration actuellement saisie.

Renseignements sur le site de la Société des Amis et Marins du Karrek Ven (SamKV). Ce site, en cours de construction, comporte déjà des pages très intéressantes. Consultez-le : http://sam.kv.free.fr/

Pour aider Karrek Ven, Cliquer ici.

N'hésitez pas à prendre contact avec nous pour nous suggérer d'autres solutions constructives et qui vous conviendraient mieux.
Merci...


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