Journal illustré
de la restauration

6 mai 2004
- n°37 -

 

 

 

Restaurer la mémoire

Le passé ressurgit

(les 3 photos ci-dessous proviennent d'une collection Marcel le Bihan, ultime patron du Karrek Ven).

Les anciens marins-pêcheurs du Karrek Ven ou leurs enfants retrouvent leur bateau. Grâce au site Internet, grâce à une question parue dans le Chasse Marée, ils nous contactent et nous pouvons nous lancer dans une autre restauration, celle de la mémoire du Karrek Ven.

Jean-Pierre, fils du patron Maurice Drevillon, a reconstitué avec ce dernier le plan des aménagements du bateau. A cette époque, le thon n'était plus séché sur le pont et entreposé dans la cale, mais mis en glaciaire (20 tonnes de glace chargées au départ). Le bateau comportait deux compartiments-logements, à l'avant et à l'arrière. 10 couchettes à l'avant, dont 4 doubles, et 6 à l'arrière. On descendait dans le poste arrière par une échelle débouchant dans la timonerie. C'est dans la timonerie que se faisait la cuisine. Dans le pic avant, un rangement de poulies, cordages...

Jean-Louis Jacquin, fils du voilier-armateur du Karrek Ven Eugène Jacquin, possède de nombreux documents comptables, des rapports, des échanges de courrier concernant ce bateau. Il a fait parvenir à la Société des Amis et Marins du Karrek Ven (la SamKV) plusieurs documents passionnants. A travers eux le passé de Karrek Ven reprend vie:
- On apprend qu'il eut 6 patrons : Hervé Colin père (qui le fit construire en 1943) et son fils, patrons durant 12 ans, Jean Quillivic durant 6 ans, Maurice Drévillon durant 4 ans, Pierre Keraudren pour 2 ans et Marcel le Bihan pour les années 68 et 69 qui terminèrent la carrière à la pêche de ce bateau. On y apprend aussi que ces patrons avaient une excellente réputation et leurs rapports de mer font état des qualitésmarines remarquables du Karrek Ven qui a échappé à plusieurs tempêtes.

- On peut suivre ses 52 campagnes de pêche, au thon toujours, au maquereau assez souvent et à la sardine dans les premières années.
- On y découvre aussi, et cela est particulièrement intéressant au moment de sa restauration, tout son budget de construction !
Cela permet de savoir qu'il avait des pièces forgées, du ciment dans les fonds dès l'origine, qu'il a été fait sur plans, aussi, que nous aimerions bien retrouver !
Des archives en or que Jean-Louis Jacquin trie, organise, présente de façon remarquable. Toutes ces informations permettront de publier un bon travail, assez complet, sur ce bateau, sa construction, son utilisation et sa restauration actuelle, ainsi que sur les équipages et le monde qui gravitait autour des différentes campagnes.

Une semaine recentrée

Contrairement à ce que nous annoncions, nous avons réduit l'effectif cette semaine. Le bois n'étant toujours pas arrivé, il n'y avait pas de travail pour tous.

La quille continue à se faire soigner. Les deux grandes parties du lest ont été reposées, mais pas encore boulonnées: les boulons sont à l'atelier de tournage, et nous envisageons de les galvaniser nous-mêmes ensuite, faute d'industrie de ce type ici. Reste un petit tronçon de lest à l'arrière, dont s'occupe Francisco.

A l'avant Luis-Miguel démonte la "semelle", une pièce de bois protégée par un fer plat, qui se change périodiquement sur les bateaux sans que la quille soit touchée. C'est cette semelle qui "prend" dans les talonnages ou qui subit l'attaque des vers. Celle de Karrek Ven est affaiblie en certains endroits qui ont commencé à s'écraser à la suite de ces 8 mois hors de l'eau .

Le fer plat est maintenu en place par de beaux clous forgés à partir d'un fer rond : tête façonnée en cône, et cors aplati à partir de la moitié pour trancher les fibres du bois au lieu de les écarter comme ferait un clou rond.

Le point

Le nouveau bois arrive enfin.
La semaine prochaine, le travail sur les membrures va pouvoir reprendre.
Un engin de fabrication maison est en fin de préparation pour débiter le tronc d'où sortira l'étrave. La belle pièce de bois pour une nouvelle semelle arrive elle aussi.
Nous tâcherons de terminer ce travail sur la quille qui n'attendra plus que ses boulons.

 

Un don de 400 €uros permet à la courbe verte de planer... mais le bois, cette fois, arrive, avec un coût annoncé de plus de 3000 €uros !

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