Problèmes de couples
- Cesar, ici ça ne touche pas !
- Ah, bon ? On a pourtant recopié exactement la
vieille...
Il devient plus difficile d'ajuster ces couples de
membrures au fur et à mesure qu'on progresse vers les
formes pincées de l'avant du bateau. On le sait, on
prend ses précautions, et voilà pourtant que ça ne
colle pas parfaitement !
Que s'est-il passé
Aldo, le maître charpentier, vient voir.
Des vieilles membrures étaient pourries côté
extérieur, rendant difficile la reproduction exacte de
leur courbure, et surtout du biais de plus en plus
accentué qu'elles doivent prendre pour que leurs faces
demeurent perpendiculaires à l'axe du bateau. Leur
section, carrée pour celles des flancs, se rapproche à
présent du losange.
Il faut rétablir la forme de la coque à l'aide d'une
série de lattes clouées sur les membrures nouvelles et
sur les vieilles encore en place et, au besoin,
mesurer l'angle à partir de là, en face de chaque
latte.
De plus, on enlèvera bientôt qu'un couple sur deux ou
trois afin d'être certain de bien conserver la forme
d'origine de la coque.

En attendant, il n'y a plus qu'à ressortir l'élément
de membrure mal ajusté pour le reprendre au rabot électrique.
L'attente de la famille Bauquière

Bauquières, contre et sous-bauquières sont taillées
et
moulurées. On procède, sur la bauquière, aux
enlèvements correspondant au passage des barrots de
pont (les poutres soutenant le pont).
Mais ces bauquières devront encore attendre avant d'être
posées: les membrures sur lesquelles elles vont s'appliquer doivent
d'abord toutes être à poste, et il reste à faire les
enlèvements dans les barrots, qui reposent sur la contre-bauquière.

Une coupe de l'ensemble montre comment s'assemblent ces éléments.
Le boulon horizontal mesure 40 cm. C'est l'épaisseur du bateau
à cet endroit !
La vie à bord
Elle est spartiate ! Plusieurs personnes souhaitent nous rejoindre pour
donner un coup de main. Il leur faut savoir que nous campons sur un pont
encombré, avec une cuisine en sursis au milieu des travaux.

Toilette sur le pont avec une douchette. Lessive dans un seau. Le soir
venu, on étale son matelas sur un coin du pont, ou l'on suspend son hamac.
Le bruit est presque constant : machines de jour, sableuses de nuit. Parfois
le sable couvre le pont. Il faut ajouter, bien qu'ils ne soient pas trop
envahissants, les moustiques, les cafards et quelques rats. On établit
avec eux un modus vivendi, plus excluant vis à vis des rongeurs trop prompts
à vouloir partager nos provisions. Enfin, rien ne doit traîner sous risque
de disparaître : les voleurs circulent nuit et jour, en dépit des rondes
de gardes armés qu'ils n'ont pas l'air de craindre beaucoup...

Cependant, pour un passionné de bateaux, c'est un lieu
incomparable d'observation de techniques d'entretien.
Karrek Ven est environné de bateaux de pêche ou de
travail, les uns en bois, réparés de façon assez
traditionnelle, les autres en fer.
La reconstruction de notre bateau est une mine
inépuisable de réflexion et d'apprentissages. Notre
travail consiste pour le moment à aider les
charpentiers, préparant leur travail à bord, leur
donnant un coup de main, discutant avec eux des
problèmes techniques à résoudre, achetant les
matériaux.
Il y a de quoi faire pour quelqu'un de très motivé par
cela, travailleur et bon compagnon. Sinon vous serez
vite déçus et une charge pour nous.
Le point

Le tiers des membrures (la charpente transversale du bateau) est en place.
Le quart des serres (éléments longitudinaux) est prêt à être posé. Karrek
Ven, alors, aura retrouvé assez de rigidité pour éviter de se déformer
et pour pouvoir être changé de place sur le chantier. Les travaux progressent
donc à un rythme satisfaisant. Les charpentiers pensaient faire plus vite,
mais c'est une restauration que nous voulons minutieuse, tant dans le
respect de l'art des constructeurs bretons que nous réinscrivons dans
ces bois au fur et à mesure que nous les remplaçons, que dans la qualité
du travail et des matériaux.
Le karrekvenéthon a encore
reçu des promesses de dons cette semaine, d'amis en bateau et d'anciens
jeunes équipiers de Karrek Ven. Enfin, juste à l'instant, un gros chèque
quasi-miraculeux de 5000 €uros est arrivé, de la part de la famille
d'un de ces anciens jeunes marins ! On ne l'oublie pas, le vieux compagnon...
Certes, quelques subventions seraient les bienvenues pour donner un gros
coup de pouce, au moment surtout du réaménagement de l'intérieur; mais,
au vu des promesses de dons qui se concrétisent et aux nouveaux apports,
on peut raisonnablement penser à présent que Karrek Ven est sauvé ! Que
cela soit dû aux amis de rencontre, aux anciens jeunes du bord et à leurs
parents est encourageant. Nous aimerions savoir, pour les remercier, qui
a déposé un virement de 135 € le 1er octobre et qui un chèque
de 450 € le 22 septembre ? Nos recherches à la banque ne nous
ont pas éclairés. La Société
des Amis et Marins du Karrek Ven continue à s'organiser. Dépôt des
statuts ces jours-ci.
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